L’hospitalité : grandeur et décadence du sens

blanche-neige_1502969_1Les mots ne font pas que décrire (d’écrire) le monde, ils le créent aussi. C’est pourquoi je m’attache souvent à expliciter certains mots afin de mieux différencier leur sens premier, radical, des représentations qu’ils drainent (sens explicite et implicite);  ou à discerner leur dénotation (sens du dictionnaire) et connotation (sens subjectif).

Si les mots créent le monde alors il est possible d’évaluer le potentiel de création, d’imaginaire qu’ils recèlent.

Chaque mot est en lui-même un monde. 

Ne dit-on pas que le verbe est créateur ?  Je veux mon neveu !  

A tel point que quand les mots  passent de travers (comme la pomme dans le gosier de Blanche Neige), ils  créent  des maux, des maladies.  de pommé on devient  « paumé « , égaré dans le labyrinthe cérébral. Le cerveau qui ne fait pas la différence entre les homophones (mots de même prononciation). 

Le mot dont je traite ici est hospitalité  ! un mot bien habité dont je vais explorer le sens.

Quelle drôle d’idée me direz-vous… ce mot n’est pas courant  dans le domaine du mieux-être ou de la spiritualité ? Tant mieux ! car je ne souhaite  pas grossir l’armée des clones .

J’accueille, j’accorde  l’hospitalité aux inspirations que l’Esprit  me souffle à l’oreille. Il y aurait beaucoup  à dire sur la simple existence des mots en tant que code sacré de l’ inconscient.

 

D’ailleurs, si tu veux explorer le langage originel universel,   je te suggère de :te procurer ce livre. : « Entendre les mots qui disent le maux » (clique pour en savoir plus) 

C’est une véritable bible du code caché de l’inconscient transmis par les mots  ! Ecrit par le Dr Christian Dufour,  pour aller de la souffrance au sens…ou de l’ignorance au sens. 

 

Hospitalité est  le mot tout droit arrivé de mon royaume inconscient.(vidéo « faut-il avoir peur de l’inconscient?) .

Tout droit de mon « mythos ».

Les mots sortent de la bouche de l’inconscient comme la vérité (les vérités) de celle des enfants

!   Il se trouve d’ailleurs que les deux (enfant et inconscient) sont proches  et que pour faire alliance à la Fécondité, (rencontrer la fée qui délivre des sorts) il faut suivre  de près son enfant intérieur (video : qui est l’enfant intérieur ?).

Et alors ? on n’ est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle ! D’un sortilège qui se transforme soudain en bénédiction.

 

Un de mes buts dans la vie est d’être tous les jours un peu moins insensée, un peu moins ignorante, un peu moins inconsciente, un peu moins aliénée par le logos, ce logiciel que nous avons à peu près tous en commun, mais qui nous garde dans des zones…comment dit-on ?

ah oui !  de confort…en réalité surtout zones de mensonge ( inconscient la plupart du temps).

Pour que le songe du mental (men-songe) se transforme en réalité, il est indispensable qu’il se frotte au rêve du Mythos; au rêve créateur que la vie a pour nous.

 

L’enfant intérieur peut accéder  à une connaissance illimitée par inspiration …l’adulte devient malheureusement au fil du temps imbu de son « s’avoir »  et justifie sa suprématie sur le monde.

L’un et l’autre doivent s’allier pour une juste compréhension. Une collaboration du mythos et du logos, des notions que j’approfondirai en d’autres temps.

 

Galilé

Comme a dit Galilée

Plus j’apprends plus je m’aperçois que je ne sais pas  » (Galilée)

 

 

Le mythos et l’infans

 

Le mythos est le royaume  de l’enfant, le domaine de l’INFANS, « celui qui ne parle pas » : le sens premier du mot enfant. L’infans, c’est nous avant 3 ans environ.

Ensuite vient  le temps du logos, et là,  on oubli le mythos. Forcément le mythos ne s’inscrit pas dans le temps ! C’est un tout-possible déjà réalisé et pas encore réalisé. Entend-tu les deux sens du mot « réalisé » ? déjà existant et pas encore conscientisé ? L’ouverture, la capacité d’intégrer de ta conscience suffirait-elle à rendre réel ?

C’est cela !

C’est incroyable n’est-ce pas  ? Mais je le sais, j’en suis sûre,  pour avoir vécu l’expérience du non-temps de tout-temps. Seul le mental nous garde en dehors de cette possibilité : il s’agit seulement de ne pas lui donner la suprématie.

Et c’est parce qu’on « l’oublie », que le mythos tombe dans le domaine de l‘inconscient; nous sommes parfois  ensorcelés , prisonniers de certaines situations inextricables dont nous n’avons plus le code secret .

Disparu  le « mot de passe » !

C’est alors que notre quotidien semble bégayer comme un vieux « 78 tours rayé ». Car c’est la répétition qui nous fait croire au temps : une heure, puis une autre, puis une troisième. Un jour puis un autre et encore…e soleil qui revient tous les jours au même endroit.

Les mythes et contes sont là pour nous rappeler  notre mythos, et nous permettre de restructurer notre psychisme dignement, car ces histoires parlent le langage de l’inconscient et du conscient en même temps !

Quelle prouesse  de permettre ce point de vue intégrant  !

C’est ce qu’on appelle la Sagesse ou enfant mythosla Science du miracle (consulter la playlist : changer par la science du miracle). 

On a égaré un paquet d’informations en passant du mythos au logos, des infos essentielles et surtout du bon sens, (du sens pour nous en tous cas) …dans l’obligation de « devenir grand » on  « zappe » ce  qui voulait germer en nous !

Tu sais, ce fameux gland qui contient un chêne tout entier.

Il faut dire que c’est tellement impressionnant !

Après ce petit détour au pays merveilleux du mythos, revenons à nos moutons…

…enfin à l’hospitalité.

 

Mots-clés

 

Il y a les mots de passe et les mots clés !

Ce mot « hospitalité »qui semblait sortir du néant a déclenché en moi un tsunami de sens. C’est un   « mot clé »  qui représente  un « chaînon manquant » dans mon histoire. Je  t’en dirai plus  dans l’article prochain.

Tu as probablement des mots ou des expressions capables de faire cet effet dans ta propre histoire. Tout le monde en a car les mots ouvrent un monde ou le ferment.

 

Les contes sont plein de ces expressions devenues inoubliables comme:

 

  • « tire la bobinette et la chevillette cherra » ( le Petit Chaperon Rouge) ou

  • « mon prince, vous vous êtes bien fait attendre » (la Belle au Bois Dormant)

  • ou encore  » Anne ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?  ( Barbe Bleue)

 

…des expressions hypnotiques, des mots qui ouvrent un monde (mythique) oublié et nous initie à notre mythologie personnelle. La prophétie qui attend que tu entendes l’Appel.

 

 J’ai cherché l’histoire du mot « hospitalité », et voici ce que j’ai trouvé:

A word is a world !

 

Le mot « hospitalité » en est un exemple parfait.

 

L’hospitalité comme droit sacré

 

L’étymologie du mot hospitalité nous apprend que ce terme est issu du latin hospitalitas, de hospitalis , d’hôte,  hospitalier,  et de hospis « hôte ».

 

L’hospitalité est une institution de l’antiquité grecque et latine qui constitue un « droit réciproque de trouver logement et protection les uns chez les autres». 

Les lois de l’hospitalité sont valables entre les personnes, les familles, les villes.

« (…) les anciens croyaient que toute nourriture préparée sur un autel et partagée entre plusieurs  personnes  établissait  entre  elles  un  lien  indissoluble  et  une  union  sainte  (…) Cette même opinion est le principe de l’hospitalité antique. …L’homme  qui  avait  réussi  à  atteindre  le  foyer  ne  pouvait  plus  être  regardé  comme  un étranger  (…)  Celui  qui  avait partagé  le  repas  sacré  était  pour  toujours  en  communauté religieuse avec son hôte (…) »

Fustel de Coulanges, la Cité antique

A l’origine, l’hospitalité est donc un droit sacré que tout le monde est tenu de respecter. Les hôtes étaient liés par les liens indéfectibles de l’hospitalité. Le non-respect des lois de l’hospitalité par l’un des hôtes pouvait avait des conséquences très graves.

Pensons à la guerre de Troie déclenchée par Pâris qui avait enlevé Hélène, la femme de son hôte Ménélas !

 

Hospitalité, un sens en cascade

 

Le dictionnaire Larousse en ligne nous donne, pour le terme « Hospitalité », une succession de trois définitions dont le sens se recouvre partiellement .

 

  • Action de recevoir et d’héberger chez soi gracieusement quelqu’un, par charité, libéralité, amitié (Offrir l’hospitalité à quelqu’un).

  • Générosité, bienveillance, cordialité dans la manière d’accueillir et de traiter ses hôtes (Un peuple connu pour son hospitalité).

  • Asile accordé à quelqu’un, à un groupe, par un pays (Donner l’hospitalité à des réfugiés politiques).

 

Ces  déclinaisons de sens nous éclairent sur des aspects  complémentaires du mot «

 

  • La première définition nous donne le sens général : une action de l’ordre du don (recevoir, héberger) faite au nom des valeurs de charité, de libéralité  ou encore d’amitié. C’est donc à offrir gracieusement un refuge, un lieu de séjour.    Par rapport à l’Antiquité, l’hospitalité n’est plus le fait d’un droit sacré mais plutôt d’une bonne volonté individuelle ou collective.

 

  • La deuxième définition démontre que le terme  peut également servir de qualificatif. Il désigne dans ce cas la manière d’être et d’agir, car il ne s’agit pas simplement d’accueillir , il faut le faire avec générosité, bienveillance, cordialité…

Donc, tant comme substantif que comme qualificatif, le terme d’hospitalité a une dénotation et une connotation positives.

 

  • La troisième définition associe les mots « asile » et « hospitalité »: Du latin «asylum » asile  a pour sens  « lieu inviolable ». A l’origine, « asile » désigne un privilège d’inviolabilité – ou droit d’asile – accordé à certaines personnes  ou reconnu à certains lieux (les temples et, plus tard les églises et abbayes). Par extension, le mot asile désigne tout lieu de séjour ou d’habitation qui offre une protection.

 

Quand l’hospitalité tourne à l’aigre

 

Le terme hospitalité a connu de nombreuses déclinaisons à travers l’histoire et a ainsi donné naissance à de nouveaux mots. Hospice, Hôpital, Hosto, Hospitalisme déclinent et font varier le sens premier d’hospitalité.

 

Le mot hospice apparaît vers 1294 avec le sens général de refuge. Cette signification évolue avec le temps.

  • Au XVIIe siècle, il désigne une maison où sont reçus des étrangers à l’ordre religieux, des pèlerins ou encore des visiteurs laïcs, dans le sein d’un couvent.

  • Au XVIIIe siècle voit émerger son sens moderne. Il s’agit alors d’établissements (le plus souvent tenus par des religieux) où son recueillis des vieillards, des indigents, des orphelins.

  • Plus récemment, le mot hospice n’était plus utilisé que pour désigner les endroits où les vieillards finissaient leur vie… avant que le politiquement correct ne rebaptise ces lieux « Maisons de repos ».

Hospice de Beaune en Bourgogne

En 1656, Louis XIV promulgua le premier édit qui commande la construction de lieux  suffisamment grands pour accueillir les errants. Ces  lieux d’accueil (En France: La Pitié, la Salpêtrière, Bicêtre…) recevront l’appellation générique d’Hôpital général. En effet, la misère draine dans les villes toute une population (chômeurs, mendiants, déserteurs, prostituées, handicapés, mutilés, fous…) qui pose la question de leur assistance et de leur répression quand ils se montrent dangereux.

Le sens moderne d’ « hôpital » ne doit pas nous égarer ici. Les Hôpitaux généraux ne sont pas des lieux de soins car, hormis le gîte et le couvert (dans des conditions qui apparentent plus l’asile à une prison), aucun soin spécifique n’est dispensé dans ces établissements.  Cesont plutôt des lieux de mise à l’écart de la société  des  éléments  perturbateurs.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que le mot « hôpital » prendra son sens actuel pour désigner un lieu de soins.

 

Hospitalité : refuge ou prison ?

 

On peut remarquer que le statut de l’hospitalité change au cours de l’histoire. Droit sacré pendant l’Antiquité, il se transforme en simple devoir de charité pour les religieux jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

A l’époque moderne, plusieurs statuts coexistent, rendant le terme plus polysémique : charité, libéralité personnelle, manière d’être, droit politique reconnu de manière internationale (convention de Genève sur l’asile politique).

 

Les mots Hospice et hôpital forgés à partir d’hospitalité témoignent d’un souci de traduire dans la matérialité les lieux concrets où doit s’exercer l’hospitalité.Ces mots dérivés d’hospitalité sont plutôt chargés de connotations négatives. Il faut reconnaître que l’hospice ne représente pas un lieu très agréable et chaleureux dans nos imaginaires. De même que l’hôpital jusqu’au XIXe siècle, est plutôt l’endroit où l’on va pour mourir que pour se sentir mieux.

Quant à l’asile, c’est  le lieu où on enferme les fous ( asile psychiatrique)

On connaît aujourd’hui les difficultés des hôpitaux pour accueillir les malades, les blessés. Le manque de personnel, les difficultés  financières. Le problème est complexe.

 

Constat d’une décadence

 

On le voit ici, l’hospitalité, quand elle est « forcée » peut se révéler à terme plutôt négative.

C’est ainsi que nous bouclons la boucle:  le droit sacré de départ et la bonne volonté traduite en hospitalité peut se muer en enfermement contraint par la maladie, ou l’indigence, ou l’aliénation mentale (asile psychiatrique) : Le fameux « séjour à l’hosto » argotique !

 

Donc,

 

L’hospitalité est un comportement bienveillant et sympathique au minimum et un droit fondamental au maximum.

L’amplitude du terme s’est donc considérablement élargie au cours du temps, tandis que son sens s’est appauvri.

 

En bref, en quoi cela me concerne et structure mon monde ?

 

Mis à part le fait que l’hospitalité nous concerne tous, c’est ce que je t’explique dans le prochain article …Ton prénom n’est jamais insignifiant ! Tu n’es pas « insignifiant » ! (clique pour le lire)

 

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