Le Vilain Petit Canard : de l’exil à la souveraineté de l’âme.

 vilain petit canardDes cancans au chant du cygne. De l’exil à l’envol.
Cette histoire est  la tienne si tu t’y reconnais bien sûr, si tu te laisses toucher au plus profond de ta nature.

 

A chacun une histoire unique à nulle autre pareille !

 

Il ne s’agit  pas ici d’une demande de reconnaissance sociale ou de la recherche  de géniteurs ou  de racines familiales.

 

Non, c’est une quête qui va au-delà de la conscience commune, qui  raconte l’histoire d’une métamorphose. 

 

Je te conseille d’ écouter l’audio ci-dessous pour le résumé du conte ( le texte de l’article y est en suivant, si tu préfères l’écouter que le lire)

 

le vilain petit canardMalmené par un entourage qui le dénigre, notre héros a la bonne idée de quitter la maison où ses frères, ses faux frères le tourmentent et où même la protection de sa mère attentive, la gentille cane  pourrait devenir une prison..
Quand on ne se sent pas à l’aise où l’on est, il faut quitter son nid pour voir du pays., faire ses propres expériences,  Vivre sous le regard des autres est sans doute rassurant un certain temps, mais ça empêche de se connaitre soi-même, d’explorer ses ressources intérieures.
En quittant le lieu où il est né, le Petit Canard laisse derrière lui habitudes  conventions familiales,  préjugés, et les conditionnements qui rendent la personnalité conforme aux autres.

 

Le Petit canard , en partant sur les chemins va trouver  sa singularité,  ; il va se e vilain petit canarddépouiller de la mauvaise image, l’image fausse qu’on lui fabriquait et trouver sa vraie nature.
Le long parcours du Petit Canard se fait dans la solitude ; il va  traverser des épreuves , en quête du juste chemin qui mène à sa véritable parenté.
Le parcours du Petit Canard évoque le Voyage de l’âme qui descend dans cette basse-cour  et retrouve, après bien des péripéties sa nature céleste et rejoint son pays d’origine. où tout est beauté et lumière.

 

le vilain petit canardEn effet ton âme  est cet enfant adopté – qu’on appelle souvent enfant intérieur – par des parents de chair qui ne comprennent pas toujours le drôle d’oiseau que tu es.
Le Petit Canard se sent comme un étranger ; il ne se plie pas aux us et coutumes de la tribu. Cette différence excite parfois  jalousies et méchancetés de la part de ceux qui sont résignés  et ne voient pas au-delà du déterminisme de leur sort mortel.

 

Selon le mythe d’Er que rapporte Platon dans la République, c’est l’âme qui choisit sa famille terrestre, avant de descendre dans le monde matériel soumis au temps. Puis il y a l’oubli, comme un rêve qui s’échappe au matin de notre vie. Seule la sensation d’être “étranger” reste en ce monde, pour certains qui ne peuvent se résigner au minimum de la survie.

Platon a enseigné l’existence de l’âme avant sa venue sur terre, et cela est une clef précieuse pour comprendre le sens caché des contes de fées.

Nous avons oublié qui nous sommes, d’où nous venons et le jeu de la vie consiste à en reprendre conscience et à agir en fonction. La vie sur terre est un entrainement spirituel.

Quatre saisons rythment le récit ; un rythme qui vient soutenir la mélodie, le chant  qui le vilain petit canardcherche sa voix.  Chaque saison apporte la preuve de qui nous sommes ou ne sommes pas. Les 4 saisons rythme la vie entière, mais aussi chaque étape de ta vie, chaque histoire, depuis son germe jusqu’à son plein déploiement.

 

La vie est un voyage.  Ta vie n’a pas de véritables objectifs au sens propre du terme d’en faire un objet. Ta vie est une histoire dont tu peux en devenir le héros, comme le Petit Canard qui pourtant ne partait de rien. Il était comme vide de lui-même.

Grâce à ce vide, à l’automne, il ressent un élan, un appel, une puissante nostalgie en son for intérieur. Et un grand amour aussi. C’était le signe des cygnes.  Mais il n’est pas encore prêt à répondre, pas assez mature.

Il faut encore de l’entrainement spirituel.

Son pays d’origine ne figure pas sur les cartes géographiques, alors la tentation est grande de s’arrêter, de se résigner devant les é-preuves, de tourner en rond, de stagner dans le marais ou de se faire prendre le coeur par la  glace. Le danger est de  figer ses ressources vives,  scléroser son désir, être mort/vivant.

C’est une rude leçon pour le Petit Canard.

 Jamais le pèlerin ne doit cesser d’avancer ( on dit bien : qui n’avance pas recule). Jamais il ne doit renoncer à son Idéal.
Notre jeune héros a renoncé aux fausses hospitalités dans la masure ou chez le paysan car il ne veut pas se contenter de rôles d’utilité ou d’agréments, comme ronronner, pondre des oeufs ou amuser des enfants, même si ça le ferait évidemment apprécier des gens ordinaires.
On ne renonce pas à son aspiration tant qu’on n’a pas atteint le havre de paix définitif !
Petit Canard, ainsi est devenu grand. Il est seul, mais il est unique.
C’est  le fait de se sentir unique qui réveille le Vrai Désir. Tous les désirs communs ne font qu’endormir. C’est bien le rôle de l’incitation à la consommation : endormir et asservir.
Maintenant Petit Canard a pris conscience de sa vraie nature. Il va accéder à sa souveraineté. Alors il s’élance vers ce lieu   que les oiseaux migrateurs lui avaient désigné un  beau soir d’automne.
Il lui a fallu tout ce temps pour découvrir que derrière son apparence il appartient à une haute lignée, ces mystérieuses hauteurs
le vilain petit canard
 où disparaissent les cygnes  dans une envolée  qui s’arrache à la pesanteur.

 

Cet envol est irréversible ; l’âme retrouve son Royaume Amoureux.
Le parcours du Petit Canard dans les éléments, la terre, le vent,  le feu des chasseurs, l’eau des marais de l’étang est celui de la révélation de son origine céleste, cosmique, spirituelle; parce qu’il en ressent les limitations, se rend compte de son exil, de ses limites étroites, il aspire à sa vraie demeure.

 

Bien sûr, beaucoup s’en contentent, se plaisent dans leur basse-cour et estiment qu’il n’y a rien de meilleur. D’autres ont un pressentiment puissant qui les appelle en un lieu où leur âme peut refleurir.

 

Tu peux accepter de n’être que l’hérédité humaine, celle de ta famille, de ta société, de l’époque,  et même si elle t’asservit,  te plaire à reproduire les schémas qui te sécurisent.

 

Ou alors tu te dégages de ces divers conditionnements, de ces cadres, ces fausses identités et tu découvres ton identité éternelle ; tu deviens apte à te relier à ta parenté originelle.
La société des canards ou la compagnie des cygnes majestueux ?
Sache que le cygne sauvage ne se contentera jamais de vivre dans la basse-cour et ne se laissera jamais domestiquer.

le vilain petit canard

 Sa dignité lui permettra de rejoindre sa destinée de haut-vol dont sa famille terrestre le détournait.

 

La transmutation du vilain Petit Canard en Oiseau de Lumière nous rappelle, – contrairement à ce que croient et affirment les scientifiques-  que l’homme n’est pas le sommet d’une évolution qui le rendrait supérieur aux autres règnes. Il se trouve dans un état provisoire.

Tant que l’homme demeure ignorant de sa capacité d’envol, il est malheureux; tant qu’il s’identifie au seul monde des formes matérielles, il se sent vide, dans le manque, en exil. Tant qu’il reste lié aux chétives ambitions terrestres, il ne peut retrouver sa liberté.

 

Il n’y a qu’en se mettant en route vers d’autres lieux qu’il prendra conscience de sa dimension céleste. C’est en répondant à l’appel de l’impossible qu’il recouvre son immense liberté. C’est en migrant qu’il peut changer de monde.

 

A chacun est une histoire unique, à nulle autre pareille.

 

On peut interpréter les contes à de nombreux niveaux, comme beaucoup le font ou l’on fait. Ou en dégager une morale, mais ce n’est pas leur propos.
Leur vraie fonction est initiatique ; ils délivrent un message, des clés de sagesse pour rejoindre l’infini d’un monde oublié.

 

On pourrait y voir ici une histoire de conflit entre frères et soeurs, une nécessité d’adaptation aux différences ou l’histoire d’un être mal dans sa peau qui ne peut s’adapter à sa famille. C’est souvent ce qui se passe pour des personnes qui se sentent mal dans leur famille, sont rejetées, abandonnées. Cela entraine honte ou culpabilité.

 

Ce n’est pas le Petit Canard qui a un problème de socialisation, mais plutôt le reste de la basse-cour qui a un problème de limitations spirituelles et d’attachement aux apparences.

 

J’ai même entendu des personnes réputées et admirées dirent qu’il fallait faire le deuil de l’Ailleurs. Quelle aberration ! Les dieux ignorés nous harcèlent alors de toutes les façons. 

Nous sommes dans ce monde, mais pas de ce monde. En même temps que nous le vilain petit canardexpérimentons les quatre éléments dans ce monde, nous pouvons accomplir le Voyage du héros consciemment vers le cinquième élément : l’éther. C’est de là que viennent nos rêves. C’est de là qu’ils nous appellent.

 

Ce conte de Hans Christian Andersen suit la trame  de tous les enseignements sacrés parvenus jusqu’à nous : la descente de l’âme et sa remontée bienheureuse.

Nous y voyons les étapes du voyage depuis la chute de l’âme ( un gros oeuf de cygne) couvé dans un univers étranger ( par une cane).

Dans cet univers , l’âme  ne se reconnait pas ( Vilain) et se sent prisonnière, esseulée, refusée, incomprise dans ce monde matériel ( basse-cour).

Rencontres, tentations, risque de résignation au début de la quête.

Puis signe d’un autre monde avec l’Appel qui réveille l’Âme et la Joie profonde.

Et enfin retour au pays originel et retrouvailles avec sa communauté, ses compagnons d’éternité.

L’enjeu pour l’âme consiste à traverser le monde, comme une forêt ou un labyrinthe et à trouver le chemin du retour.

Comment faire ?

Répondre à ce qui t’appelle à travers un projet, un désir, un souhait; peu importe lequel, derrière, il y a ton Graal ! Ton souhait, c’est Toi dans ta majesté, c’est ton semblable que tu dois rejoindre. Peu importe à quelle étape tu es, ton aspiration est ta chance.

J’avais écrit cet autre article voici quelques années ( ma propre métamorphose selon le conte du Vilain Petit Canard : l’histoire de l’aigle qui pataugeait avec les canards

 

(article inspiré par un  texte de Jacqueline Kelen)

 

 

 

 

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