La peur de l’engagement

engagement amoureuxCes deux magnifiques oiseaux sont-ils en train de se faire des promesses ? nous ne le saurons jamais mais pour les êtres humains, le mot engagement a mauvaise réputation.  Cette mentalité  vient d’un temps où on associait l’engagement à une “condamnation à vivre la même vie jusqu’à la fin” L’idée était  qu’avec un engagement à vie on doit renoncer à quelque chose et peut être à  toutes sortes d’autres privilèges.

Vous pensez” non moi, je n’ai pas peur, cela ne me concerne pas”, mais la peur de l’engagement émerge de façons subtiles – et elle existe chez beaucoup de personnes dans les relations affectives. Elle avance masquée dans les problèmes relationnels : chamailleries, critiques…et même dans la chambre à coucher …

La peur de l’engagement s’étend dans tous les domaines.  Ces deux mots  « sans engagement » figurent dans beaucoup d’arguments de vente. Si on peut zapper du jour au lendemain, sans conséquence, alors pourquoi pas ? En contrepartie bien sûr, cela permet l’essai et la liberté de changer si on n’est pas satisfait. Je crains cependant que le « sans engagement » soit devenu un « mode de vie » très superficiel et un « sans responsabilité » évident. Sans conséquences graves pour l’achat de gadgets ou de téléphonie portable, il devient source d’insatisfaction profonde dans les relations.

Deux besoins contraditoires dans les relations

Nous entrons dans les relations avec deux besoins contradictoires :

  • le désir de fusion et
  • le désir d’autonomie

Ces besoins conflictuels (la vie est faite de paradoxes) sont responsables de beaucoup de souffrances vécus  dans les relations. Et à moins d’apprendre à les intégrer, il est difficile  de vivre l’expérience de l’amour.

Si vous n’êtes pas heureux(se) dans votre relation, c’est parce que vous est bloqué dans un vieux « pattern » de relation, des programmes tellement automatiques ( comme des réflexes) que vous n’êtes pas conscients de les activer ; vous savez seulement que vous vivez toujours le même type d’expérience.

Une partie de nous souhaite vivre l’intimité, l’amour et le partage qu’apporte une relation amoureuse,
mais une autre partie ressent la crainte de se perdre dans la relation. Tomber amoureux est une aventure merveilleuse, mais dès que nous commençons à nous sentir très proche de l’autre, instinctivement nous essayons de protéger notre individualité. Alors nous voyons l’engagement comme une véritable menace.

Vous croyez peut être que ces peurs existent plutôt seulement lors de la rencontre, nous incitant à éviter d’engager notre vie avec un seul partenaire ?

Non !
Une fois installé dans une relation, notre affection et notre dévotion dédiées à une seule personne, la peur de l’engagement suinte de différentes façons. Vous pouvez même, justement parce que vous avez exclu d’autres partenaires, vous sentir complètement piégé ! Les enjeux sont plus importants et votre subconscient croit que plus vous êtes proche de l’Autre et plus vous avez à perdre.

Vous ne me le croyez pas ?
Répondez à ces quelques questions. Beaucoup sont surpris d’apprendre comment cette peur se manifeste.

Avez-vous l’impression que votre partenaire a changé ?

Qu’est-il arrivé à la personne dont vous étiez tombé amoureux(se) ? vous voyez un ou des aspects que vous n’aviez pas remarqués avant ; quelque chose que vous n’aimez pas du tout ! par exemple que votre partenaire se néglige, qu’il est désordonné, qu’il regarde trop la télé, ou il est trop occupé socialement et vous vous sentez négligé(e) ? …enfin toutes ces choses que vous n’aviez pas remarquées avant…
Quand on commence à remarquer des caractéristiques “indésirables” dans le comportement du partenaire qui avant nous faisait tomber en pâmoison, c’est habituellement une manoeuvre inconsciente pour trouver des raisons de ne pas trop “s’engager”, de ne pas être trop proche. Ce n’est pas que le partenaire ait changé mais plutôt que notre peur de l’intimité a fait changer le regard que l’on porte sur Lui (Elle).

Vous sentez-vous parfois étouffée par votre partenaire ?

Le besoin d’avoir de l’espace est souvent attisé par la peur de l’intimité. Alors vous voyez votre partenaire comme quelqu’un d’exigeant et de dépendant, quelqu’un dont il faut  s’écarter. C’est plus facile bien sûr que d’accepter le fait que c’est VOUS qui avez peur (voir mourir de peur ou vivre d’amour )

Déjà en couple ou  au tout début de la relation, si vous vous sentez étouffé(e), vous pouvez d’une manière ou d’une autre en finir avec cette relation  :

  • concrètement par une rupture
  • ou bien émotionnellement en vous tournant vers des addictions comme la boulimie ou des dépenses excessives.

Peu importe la manière dont vous vous détournez pour créer de la distance, vous ne vivrez pas l’expérience du plein amour et vous répèterez ailleurs ce même type d’expérience douloureuse jusqu’à ce que vous acceptiez de regarder votre peur en face.

Vous chamaillez-vous fréquemment ?

Créer des problèmes dans la relation est un autre moyen de se préserver de l’intimité. A t-il déjà été question de vivre une grande joie avec votre partenaire quand soudain, vous avez eu un empêchement ?

Chacun d’entre nous a sa limite de proximité selon son éducation et ses expériences de vie. Inconsciemment, il se peut aussi que vous soyez incapable de supporter « trop de bonheur » ; ainsi quand votre limite est atteinte, vous trouvez  quelque chose qui va faire descendre le niveau au supportable, et créer un problème est une moyen sûr pour le faire. Quand vous êtes sans cesse en conflit, vous drainez manque de confiance, ressentiments et autres émotions qui permettent de « désamorcer » un quelconque rapprochement.

Est-ce que la “romance” est finie entre vous ?

Quand vous cessez de faire des efforts pour entretenir la romance, vous freinez la possibilité de vous engager plus avant l’un envers l’autre. Cessez de faire des efforts se manifeste de différentes manières comme être sans imagination pour communiquer, trouver des excuses pour éviter des moments d’intimité, avoir un important travail à terminer ou la migraine quand l’Autre a du désir etc…

L’intimité requiert d’accepter sa propre vulnérabilité et celle-ci nous amène aussi à ressentir nos blessures, là où nos besoins vitaux n’ont pas été comblés. La peur nous empêche alors de vivre les aspects les plus délicieux de la relation.
Comme vous pouvez voir donc, les célibataires ne sont pas les seuls à entretenir la peur de l’intimité et de l’engagement. C’est un fait dans des relations à long terme. Que vous viviez sous le même toit depuis longtemps n’implique pas obligatoirement que vous êtes “engagés” vraiment l’un envers l’autre. Et cette peur est enracinée dans le fait de croire  se perdre soi-même.

Comment faire que l’engagement devienne “sexy”

mariageC’est naturel de ressentir que vous risquez de perdre votre individualité dans une relation. Cela vous est déjà probablement arrivé, de vous sentir tellement “happé(e)” par une relation que vous avez laissé filer d’important aspects de votre vie, comme vos amis, votre famille, vos passions, vos projets personnels etc…

Mais c’est parce que vous ne possédiez pas la clé d’un véritable engagement. Cette clé, c’est être engagé l’un envers l’autre ET engagé envers vous-même en même temps.
Quand vous voyez l’engagement de cette manière vous ne perdez rien du tout. Au contraire vous gagnez l’ expérience la plus gratifiante que l’on puisse vivre sur cette planète : une merveilleuse relation qui alimente votre inspiration et votre créativité pour atteindre vos buts.
Si cela ressemble à un rêve, ce n’est pas le cas, c’est une réalité possible et un moyen de trouver la liberté.

Et vous ? que pensez-vous de la peur de l’engagement, en ce qui concerne vos ou votre relation, ou le fait que vous soyez en solo ?

Laissez un commentaire et/ou « liker » l’article s’il vous a plu !

18 comments on “La peur de l’engagement

  1. Elisandre

    Bonjour Mohmed,
    Pouvez-vous en dire un peu plus sur votre fierté et le rapport avec la peur de l’engagement ?

  2. ZIEGLER

    bonjour, je voudrai pouvoir avoir la possibilité de dialoguer sur votre blog , lorsque je ne suis pas bien pschycologiques….

    1. Elisandre

      Bonjour,
      Je comprends, vous voulez parler d’un forum sans doute où les gens échangent entre eux…

  3. Elisabeth

    bonjour,

    j’apprécie – j’ai besoin de beaucoup m’imprégner de ce juste que je sens bien.
    je vous cite :
    « Cette clé, c’est être engagé l’un envers l’autre ET engagé envers vous-même en même temps.
    Quand vous voyez l’engagement de cette manière vous ne perdez rien du tout. »

    je viens de vivre une relation sans issue (lui pas libre) très attachante, parce que délicieux
    et généreux en plus. Mes valeurs, visions, ne peuvent être réellement partagées parce que
    je ne suis pas assez en liens avec elles, engagées.
    Je dois reprendre mon fil d’Ariane de ma vie, de ce que je veux vivre et reprendre de l’autonomie.

    Cette relation m’a soutenue dans mon effondrement (travail – déménagement) maintenant elle
    peut m’aider à sortir de mes voiles. J’ai envie de voler de mes propres ailes, de me préparer
    pour être en mesure de ne pas me perdre et ne plus avoir peur de l’engagement par ce que
    engagée dans ma propre vie dans ce qui est essentiel pour moi, dans l’esprit de la vie qui
    nous veut du bien.

    Engagée pour le plaisir d’aller de l’avant ensemble, sans se perdre.
    je ne l’ai jamais vécu.
    La relation que j’ai se métamorphose, l’attachement s’apaise, on apprécie
    ce que l’on reçoit de l’autre, ses qualités, sa gentillesse même si le
    chemin ne sera pas ensemble. Ça devient une force pour aller de l’avant.

    Je ressens ce vide, vertige, richesse potentielle, comme inaccessible …

    Tant de choses de la classe de la maternelle de la vie.

    Si vous discernez des choses dans mes écrits, vous pouvez commenter.

    J’apprécie véritablement vos articles et vous en remercie.

    1. Elisandre

      Bonjour Elisabeth,
      C’est cela, il faut apaiser l’attachement par l’autonomie. Le relation est un cadeau, une cerise sur le gâteau. Ne pas se projeter sur l’Autre, avoir des attentes.
      Merci Elisabeth et je suis bien contente si mes articles vous accompagne

  4. Marie

    Sans parler de véritable phobie du mariage, je pense que le phénomène peut toucher aussi bien les hommes que les femmes vis-à-vis de cet engagement d’amour ou de la projection d’une vie en couple dans les décennies à venir.

  5. Magalie

    Etrange, pour moi l’engagement n’est pas un terme péjoratif, bien au contraire. Il suffit qu’on ait le choix de s’engager ou non, que ce ne soit pas une contrainte.
    L’engagement, c’est un acte fort, qui implique et responsabilise, c’est une décision généreuse.
    En bref, j’aime m’engager, si c’est un choix de ma part (comprendre que je n’aime pas quand on me demande de m’engager pour avoir un téléphone portable)! 🙂
    Un article par Magalie : 8 conseils d’utilisation d’un lisseur vapeur

  6. Elisandre

    Bonjour Magalie,
    merci de votre commentaire.
    Non bien sûr qu’un terme est neutre, mais ce que l’on projette sur lui ne l’est jamais puisque chacun est différent. la peur de l’engagement, assez commune aujourd’hui semble être liée à la peur de la relation tout simplement, c’est à dire ce troisième élément qu’il faut créer à deux, cette histoire nouvelle qui est faite de deux histoires différentes qui se mêlent. beaucoup croient qu’ils vont y perdre leur identité. C’est pourtant une occasion de renouvellement de celle-ci, d’actualisation, donc de croissance.
    Les deux pôles denos sensations sont j’aime ou je n’aime pas, la peur et l’amour. Alors si j’ai peur je ne me hasarde pas à voir si je pourrais aimer, prendre plaisir à…La peur de l’autre c’est la peur de ce qu’on ne connait pas de soi-même et qu’on n’a pas envie de découvrir car cela demande un effort, une audace et beaucoup d’humour !

  7. Elisandre

    On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort, alors on peut au contraire être plus fort pour s’engager après une rupture douloureuse, si on s’en sort indemne évidemment ! Merci pour votre commentaire

  8. Jean-Stéphane

    Moi j’ai pas honte, j’ai toujours eu peur de l’engagement.
    Que ce soit ici en france ou à l’étranger.

    Que ce soit au travail ou en amour, j’ai besoin de resensitr une liberté et je ne sais pas d’ou elle vient !

  9. Elia

    Pour moi, la peur de l’engagement vient de la peur d’être bousculé dans ses habitudes, de perdre son idépendance. On part donc du principe qu’intégrer l’autre dans son quotidien de manière officielle constituera forcément un désagrément. Certes, il y a forcément quelques efforts à faire pour vivre ensemble (de même que la vie en communauté en général : coloc, famille…), mais le jeu en vaut la chandelle ! et si les deux personnes sont censés et communiquent, il n’y a pas de raison que ça se passe mal
    Un article par Elia : Le hair contouring : la tendance cheveux qui s’adapte au visage

  10. Elisandre

    Oui Elia, beaucoup de raisons en fait à la peur de l’engagement. Et l’être humain est pétri de peurs de toutes sortes. C’est la peur de la vie, la peur de la mort. Et surtout la déconnexion d’avec son âme!
    Merci pour votre commentaire

  11. Maisons Pierre

    Moi j’ai une vision un peu différente maintenant. Alors la prolifération des sites de rencontres et autres applications, il est très facile de tromper son conjoint. Pour moi, le plus dur ce n’est pas de s’engager (quand on voit le nombre de divorces) mais surtout de ne pas ceder à la tentation ! L’engagement pour moi est une valeur très forte !

  12. pascal

    Bopnjour, je suis consultant en problèmes de couples et je trouve que vous soulevez les bonnes questions. La peur de l’engagement est à mon avis liée à des difficultés avec le deuil. S’engager s’est souvent devoir faire le deuil imaginaire de sa vie d’avant. C’est un pas difficile à faire pour beaucoup. Ainsi, je vois souvent dans mes consultation de voyance amour des gens qui ont peur de s’engager car ils imaginent que c’est une perte. C’est similaire à la peur de la nouveauté ou du changement dans les entreprises.

    1. Elisandre

      Merci Pascal de votre commentaire.
      Vous avez parfaitement raison sur le sujet du deuil et je dirais tout simplement de la mort. Tout le monde a peur de la fin des choses et chacun sait, même inconsciemment qu’un commencement implique une fin. C’est la dualité de notre conditionnement. C’est là la plus grande peur. Ensuite, il y a la peur de perdre sa liberté. Parce que le couple est assimilé à une prison, mais ce n’est qu’une idée conditionnée du couple. Moi je dis qu’au contraire, il faut gagner sa liberté d’aimer. Et cette liberté, elle vient du fait de donner de l’amour sans attente. Chose difficile dans une culture du « chacun pour soi » et de la chosification des autres.

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