La Biodanza ou l’art du bonheur

 congres 2012 Milan - 500 personnes

congres 2012 Milan – 500 personnes

Oui, la Biodanza enseigne  l’art d’être heureux ! Mais on n’est pas là pour rigoler ! Nous avons appris à ressasser ce qui ne va pas, reçu bien souvent, des modèles de comportement sur la manière ( ne parlons plus d’art ) d’être malheureux, déprimé, « mal dans notre peau » ; alors  pourquoi n’existerait-il pas autre chose ? Cela  donne au moins la possibilité de choisir !  Le bonheur, s’apprend comme une langue étrangère, ou comme conduire une voiture, puisque c’est un comportement et une manière d’être au monde.

On ne doit se résigner qu’au bonheur ! Alfred Capus (romancier – journaliste)

Un homme de génie a créé cette pédagogie d’un nouvel art de vivre  : le système Biodanza. Nouvel art n’est pas vraiment le mot qui convient ; art essentiel serait préférable…car chacun le porte en son sein.

Nota bene : Pour être intéressé par cet article, il faut d’abord que vous laissiez derrière vous l’illusion de votre insignifiance…et la croyance en une fatalité inéluctable pour ou contre laquelle vous ne pouvez rien. En deux mots, que vous pensiez à retrouver votre souveraineté d’être humain.

Un homme de génie

Rolando Toro

Rolando Toro

Cet homme de génie est Rolando Toro. Il naquit en 1924 au Chili (décéda en 2010), sous un régime dictatorial, dont il a personnellement souffert. Devant ce drame, plutôt que rester victime, il a écouté son instinct de vie,  cherché et trouvé un « antidote » au malheur. Oh ! vous le connaissez cet antidote,  sans doute  puisqu’il est en chacun de nous ! Mais Rolando a agit largement…dans le sens de son inspiration. Car méditer sur le changement du monde est insuffisant ; il faut agir vraiment sur la transformation de l’Homme jusqu’à l’apparition de l’Homme nouveau. Cet homme nouveau pourrait-il être un homme heureux ?

Rolando était psychologue et anthropologue (et artiste !) ; il a regardé vivre les êtres humains et s’est aperçu, particulièrement dans nos sociétés dites « civilisées« , que beaucoup de gestes humains n’étaient pas ou peu exprimés. Spécialement les gestes de paix, d’harmonie, d’accueil, ceux qui entretiennent le bonheur de vivre. Il n’y a pas que nos réserves naturelles qui s’amenuisent ;  notre patrimoine d’humanités s’ appauvrit tristement aussi !

Pour ne citer que les plus simples gestes  en « voie de disparition » :

  • la capacité de regarder les autres dans les yeux avec bienveillance (cela met mal à l’aise, c’est un tabou)
  • le fait d’accueillir une autre personne dans ses bras est rare et semble « gênant »
  •  le sourire n’est pas évident car il est souvent absent ou factice (dissocié du reste du visage).
  • citons encore la respiration limitée au minimum ( pour se couper des émotions) qui ne permet alors que la survie (plutôt la sous-vie !)
  • la capacité de s’émerveiller devant les êtres les plus simples et de porter naturellement secours à ceux qui en ont besoin
  • primum non nocere, deinde curare : d’abord ne pas nuire et même prendre soin

Le fait que tous ces gestes soient aliénés, ampute notre vie de nos fonctions  vitales, fait de nous des handicapés de la joie de vivre, nous prive de notre richesse humaine.

Ce n’est pas la surface qu’il convient de changer ; il faut intervenir à la racine de nous-mêmes. Pour quoi faire ?

Le pouvoir de la musique

Rolando Toro à la fin de sa vie

Rolando Toro à la fin de sa vie

Comme chaque geste est en lien avec une émotion et que l’émotion est le moteur (motivation) de l’action, Rolando a  testé le pouvoir de la musique sur les émotions et leur mise en action, en sélectionnant les émotions qui favorisent la création de liens, le respect de soi-même et du vivant. Les musiques choisies bien sûr, dans ce système, ont un important pouvoir déflagrateur.

A partir des années 1960, Rolando Toro,   élabore progressivement ce qui est devenu la Biodanza. Ce système pédagogique stimule « in vivo » la partie constructrice de nos comportements face à la vie et aux autres. Elle propose une véritable prophylaxie psycho-somatique et induit progressivement un changement notable de l’humeur endogène.

Aujourd’hui la Biodanza se développe dans le monde, comme un système vivant. Une dizaine d’écoles existent en France. 2500 facilitateurs (c’est ainsi que l’on nomme les personnes formées à proposer la Biodanza) exercent dans le monde entier.

Eveiller  « Homo Ludens »

La question principale que pose la Biodanza  est : « qu’est-ce qu’être humain ? »   Comment conquérir notre humanité , notre identité en tant qu’espèce et en tant qu’individu ? De quelle nature est-elle cette identité ?

Cette quête identitaire redonne du sens à l’existence, rend joyeux, heureux car  nous prenons en main notre destin et devenons les protagonistes de notre transformation. Il ne s’agit pas de « changer » mais de devenir soi-même dans ce qu’on est d’unique, de le partager avec les autres, de l’offrir au monde. Sortir de l’égoïsme réducteur et devenir altruiste. Parce qu’en y réfléchissant bien, ce qui rend profondément heureux est de faire du bien aux autres, non ? Nous sommes souvent bien intentionnés mais maladroits. Ne nous arrêtons pas là ! Si l’homme ne peut prétendre à la perfection, il peut viser l’excellence.

Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections Aristote

Le Bien et le Mal

La Biodanza définit simplement le Bien comme tout ce qui permet l’entretien et l’évolution de la vie et le Mal comme son contraire. Pas de connotation religieuse (au sens dogmatique) mais la notion de reliance des êtres entre eux (religare = relier), d’unité avec le Tout, le Cosmos.

Et si l’amour existait vraiment et que je puisse l’intégrer dans mes actes et mes gestes quotidiens  ?  Le but de cet andragogie (enseignement pour adultes), en séances de Biodanza est de réapprendre à donner et recevoir dans son quotidien davantage d’énergie et d’amour ; tout cela d’une façon ludique, joyeuse, en dansant ! Il ne s’agit pas de réveiller l’état d’enfance, mais « l’esprit d’enfance » qui aime le jeu, la légèreté pour apprendre. Tout comme les contes merveilleux réveillent aussi le chemin d’innocence.

Nous pourrions définir le sentiment d’amour comme l’expérience suprême du contact avec la vie. Par la Biodanza, nous parvenons à la source originelle des impulsions de la vie ».(R.Toro)

Être heureux

Nos efforts pour éviter le malheur ne sont pas la meilleure voie pour être heureux : des efforts tels qu’éviter le stress, soigner des maladies, prendre des assurances, thésauriser, préparer la guerre. C’est simple de comprendre pourquoi : le cerveau ne comprend pas la négation. Il convient donc de cesser de se polariser sur ce que l’on ne veut pas, sur ce que l’on veut éviter…

Le but du jeu (je) est de passer du corps/souffrance au corps/plaisir, au réveil de la source du désir de vivre pleinement, en couleur, en relief, c’est à dire d’être heureux !

J’aime regarder, entendre, peser, approfondir (psychanalyser) les mots dans tous les sens et avec tous les sens ; ils ont l’art de révéler beaucoup plus qu’il n’y parait parfois. Ils sont malicieux. Je ne peux donc, sans me frustrer, me priver du plaisir de vous signaler ceci : le mot « heureux », bizarrement, contient deux fois le couple de voyelles « eu » qui signifie « bon » en grec. C’est mon regard bien entendu, mais rien ne vous empêche un instant de mettre ma paire de lunettes !

Le « euh.. » peut aussi être entendu comme phonème d’hésitation…mais n’ hésitons-nous pas énormément à nous donner ce droit d’être pleinement heureux ? En inventant toutes sortes de raisons auxquels nous croyons ou voulons croire dur comme fer ?

Le grand malentendu c’est le bonheur ! L’homme s’est toujours appliqué à en faire abstraction ». (Eugène Cloutier – artiste – écrivain)

Le bonheur, la bonne heure

La Biodanza est une sorte de laboratoire vivant où l’on apprend à se donner cette permission. Peut être hésitons-nous parce que, aujourd’hui,  cela devient  un devoir, si nous voulons ne pas disparaitre ! car n’est-ce pas le malheur qui nous rend si destructeur ? et nous apporte encore plus de malheur.

Un devoir, car le bonheur commence à l’intérieur et  demande donc un engagement, une responsabilité, un effort, une décision. Cela demande de ne pas rester dans la superficialité, comme l’aiment tant les contemporains !

L’essence de la philosophie est qu’un homme devrait vivre de manière à ce que son bonheur dépende aussi peu que possible des causes extérieures ». Epitecte

Donc, le désir de vivre  heureux n’a rien à voir avec une aspiration d’ascension sociale, en accord avec le style de vie aliéné de la société de (sur)consommation. C’est, bien au contraire, un des élans les plus vitaux chez l’être humain et la motivation la plus solide pour tout changement. Je signale  que cet élan n’empêche cependant pas ce que l’on appelle la réussite sociale ou financière, mais alors il lui donne une valeur « singulière ». Ce qui compte n’est pas finalement ce que l’on fait mais la manière unique dont chacun le fait, quand l’âme agit ( que l’on peut entendre comme la magie)

Le Principe Biocentrique

Le principe de base sur lequel repose le modèle théorique de la Biodanza est le Principe Biocentrique. Mettre la vie (bios = vie en grec) au centre. Ce principe pose donc le respect de la vie comme centre et point de départ de toutes les disciplines et de tous les comportements humains. Il rétablit la notion de la dimension sacrée du vivant. Ce principe s’inspire de l’intuition d’un univers organisé en fonction de la vie et représente une proposition visant à reformuler les valeurs culturelles existantes en de nouvelles valeurs posant le respect de la vie comme référence absolue.

Le Principe Biocentrique constitue  un paradigme qui pourrait servir de base aux sciences humaines de l’avenir : éducation, psychologie, droit, médecine et psychothérapie. Il existe à Nantes un Centre d’Education Biocentrique  parrainé par le philosophe contemporain Edgar Morin.

La souffrance n’a pas de sens

Il faudrait s’efforcer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ». Prévert

L’effort, le courage, la rigueur ont du sens mais la souffrance n’en a pas. Ou plutôt c’est un manque de sens, un non-sens. Le bonheur nous est donné par défaut, la souffrance nous advient par ignorance. Elle est le résultat catastrophique de la peur ( de l’égo) qui profane souvent  le vivant. Elle est en tous cas toujours le signe que l’on s’est égaré à un moment donné. Egaré et coupé de notre identité, notre appartenance au Tout-Vivant. La souffrance est l’état du moribond.

On ne se rend pas compte à quel point nos souffrances entrainent d’autres souffrances. Quand je souffre, je fais souffrir. Je ne suis pas seule à souffrir car nous sommes tous en interconnexion.

La culture du troisième millénaire

Le noyau créateur de la culture du troisième millénaire naîtra de notre capacité à restituer à la vie sa dimension sacrée. La vision biocentrique du monde ouvre sur l’espérance de survie de l’espèce humaine et sur sa possibilité d’accéder à la plénitude.

biodanzaL’important n’est pas uniquement de savoir pourquoi vous avez des limitations mais de pouvoir réveiller et utiliser tous vos potentiels pour  retrouver le flux de votre énergie vitale. Pour quoi et comment pouvez-vous être heureux ?

L’unité corps/esprit

Le discernement, qui permet d’affiner ses perceptions, n’est pas la chose du monde la mieux partagée car il requiert le courage de renoncer à ses illusions.

Je lis ou j’entends souvent que ce qui nous différencie des animaux est la parole. Je ne suis pas d’accord avec ce raccourci. Nous ne voyons toujours que la surface et nions la profondeur. La parole est un langage parmi d’autres langages, une des nombreuses manières de donner et de recevoir de l’information alentours. Or, tous les animaux ont un langage (et même les plantes !) Nous avons d’ailleurs bien d’autres moyens de donner de l’information. Pensez seulement à nos phéromones.

Ce qui nous différencie des autres espèces est le mensonge et c’est bien sûr ce que le langage parlé permet  de faire. A tel point que nous nous mentons aussi à nous-mêmes de bien des façons !

Le corps fondement biologique, ne ment pas

Le corps ne ment pas quand on lui redonne un espace de liberté, qu’on cesse de le contrôler par les mensonges et les inter-dits, de le vicier par des comportements addictifs.  Malgré ses apparentes limitations, la stimulation émotionnelle du  corps  ouvre un chemin d’éveil insoupçonné, pour peu que vous l’écoutiez vraiment et lui redonniez sa  place de réceptacle du Souffle de vie (spiritus = esprit = souffle = aspiration).

Le corps est le fondement biologique de l’esprit conscient. Il n’est pas une simple dépouille de vie vide de sens. Apprendre avec tout son corps c’est stimuler votre cerveau tout entier, pas seulement en partie comme lorsque vous apprenez intellectuellement. Vous intégrez directement l’apprentissage. Ainsi vous développez de nouveaux talents beaucoup plus rapidement et d’une manière beaucoup plus agréable. Vous développez vos potentiels.

Vous n’avez pas besoin de re-vivre vos vieux « patterns » et programmes qui vous entrainent dans la souffrance. Il n’est pas besoin de souffrir pour apprendre quelque chose de nouveau. L’apprentissage se fait dans la joie et la bonne humeur, avec progressivité.

La vivencia

La Biodanza utilise donc une méthode vivencielle, mettant l’accent sur l’expérience vécue dans l’instant, plus que sur l’information intellectuelle et verbale. Elle permet ainsi d’amorcer une alchimie intérieure sans l’intervention des processus mentaux d’illusion, de répression et les mécanismes de défense. La Biodanza redonne la joie de vivre à vos cellules, directement.

Il y a une croyance malsaine qu’il faut crier, pleurer pour qu’il y ait profondeur :  « le plus tu souffres, le plus facilement tu iras au paradis ». La profondeur c’est l’amour, le lien qui nous unie tous. Vous avez seulement besoin de changer dans l’instant   en  pratiquant de nouvelles manières d’être avec les autres et avec vous-même. C’est très satisfaisant et gratifiant.

Prendre soin

Nous n’avons pas besoin de revenir sans cesse sur nos blessures mais de prendre simplement soin de celui ou celle en nous qui a souffert ! Et cela est suffisant !

Si les conditions culturelles et socioéconomiques sont anti-vie, nous nous proposons de changer ce système. Non à l’aide d’une idéologie, mais par le rétablissement, à chaque instant de notre existence, de conditions qui nourrissent la vie. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas la consistance idéologique de l’être humain. Ce qui nous importe est sa consistance affective, sa pratique du mouvement amour ». (Rolando Toro)

Le changement commence par vous

La grue est le symbole du système Biodanza

La grue est le symbole du système Biodanza

 Ensemble, dans le groupe, nous pouvons célébrer les progrès de chaque participant !  Le changement commence par vous, et c’est maintenant. Chacun est  un véritable hologramme vivant, dans lequel tout changement compromet la totalité.

« Le processus évolutif de l’homme doit commencer par la survie, continuer par la libération pour culminer dans le bonheur de l’amour et de l’activité créatrice ». (R.Toro)

La Biodanza propose de dépasser le niveau de la survie pour entrer dans la phase de libération et investir dans le bonheur d’être vivant. Si la consommation et la possession à outrance rendait heureux, nous ne serions pas, en occident, à ce point gouverné par la peur. Nous avons tous à nous poser les uns les autres, une question : y a t-il âme qui vive ici dedans ? (en touchant  notre poitrine)  et poser des gestes et des actes qui en témoignent.

Conclusion

Alors vous aussi vous pouvez être un homme, une femme, un humain de génie en participant à changer radicalement le monde…le vôtre, un pas de danse à la fois !    Vous n’avez d’ailleurs même pas besoin d’être un homme ou une femme de génie pour révéler le génie qui vous habite ! il suffit d’un entrainement, d’un lâcher prise. Vous n’auriez pas cru, n’est-ce pas,   que cela puisse se faire en dansant ?

Rejoignez  les pionniers de la Biodanza en Lot et Garonne, à Agen, Marmande et Villeneuve/Lot. Pour la logistique, rendez-vous à cette page

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