L’ère du cool est finie, il n’est plus interdit d’interdire !

mai 68La nécessité de l’Être n’est plus le bien-être mais le DEVENIR !

Les événements de Mai 68 ont marqué l’histoire récente de la France : une révolte qui s’étendit à l’ensemble des catégories sociales et finit par constituer, selon certains, «l’un des plus grands mouvements sociaux de l’Histoire de France du XXe siècle. Un mouvement initié par les étudiants. 

Ce  mouvement  fut-il vraiment  un acte fondateur de la société contemporaine ou une «erreur de jeunesse» dont il ne resterait que  les dettes à assumer  (et de la nostalgie) ?

Dans un certain sens, Mai 68 fut bien la matrice d’une nouvelle ère. Mais pas celle qui fut rêvée  par les manifestants.

Pourquoi ?

Portée par la jeunesse, cette révolte « adolescente »  contenait les symptômes de la crise  propre à cet âge de la vie : refus de l’autorité, des contraintes,  du système, etc.

Un  souffle d’idéalisme   exigeait de sortir d’un monde figé, refusant  une société trop matérialiste, et aspirait  au plaisir sous toutes ses formes. Un mouvement dyonisiaque, dans la démesure !

 

Nous sommes des enfants de 68 en ce qui concerne nos modes de vie, mais malgré les apparences, le mouvement n’était pas en lutte contre la société de consommation, mais pour elle !

 Les « slogans de Mai sont parlant  : «Sous les pavés la plage», «Jouir sans entrave», «Il est interdit d’interdire»,etc.

 

Vers un consumérisme effréné

 

Les  « contestataires » se voulaient révolutionnaires, mais en vrai, ils revendiquaient le droit au plaisir et aux loisirs. (« Prenez vos désirs pour des réalités » proclamait un slogan). Oui d’accord mais quels désirs ?

Symbole d’une émancipation , de l’anticonformisme, les événements de 1968 ont des conséquences  étranges…et délétères…

La déconstruction des valeurs traditionnelles était en réalité une lame de fond qui engendra d’un même mouvement la libéralisation des mœurs et l’essor de la consommation de masse, auquel s’ajoute l’insatiable revendication de nouveaux droits  pour les individus.

 

L’ère du cool Raoul

La volonté de  « jouir sans entrave » favorisa la consommation de masse et la société de loisirs.

 « »Éviter le stress », »rester cool », ne pas se prendre la tête » », telles sont les commandements dont toute une génération reconnaît la validité.

Son effet pervers fut et reste également de nous éloigner de l’engagement et de l’action.

C’est ainsi que l’on est parvenu  à un monde qui sacrifie la morale à la jouissance , et l’engagement à la détente et au bien être. Mais elle n’a pas trouvé le bonheur, et pas même au moins la « bonne humeur » si l’on en croit la consommation de médicaments.

On a aboutit à une nouvelle société individualiste et consumériste.

 

Déraciné !

 

Au nom de l’émancipation individuelle  et suivant le précepte révolutionnaire de la table rase Mai 68 a sapé  toute notion d’héritage, de valeurs communes, , créant ainsi une société déracinée. mais quand on se coupe du passé on se coupe aussi de l’avenir. Les effets sont visibles.

C’est ainsi que naquirent de nouvelles générations fragilisées, sans repère ni force morale, confondant liberté et désir individuel (consumériste).

Nihilisme

C’est la perte de notre humanité.

 

Le problème du nihiliste, comme l’explique  Nietzsche  est qu’il ne trouve plus la force de se battre pour ses propres croyances et intérêts.

C’est ainsi qu’il conduit tout droit à l’effondrement de la force morale et laisse comme seule possibilité de détruire et de se détruire.

 

J’y ai droit !

 

 Puisqu’il était « interdit d’interdire », on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

 

« Au nom de la liberté, on n’avait que des droits. Au nom de légalité, la société n’avait que des devoirs.

« Laissez-faire, laissez-passer », telle est la formule simple et séduisante de la liberté moderne.

 

 La déconstruction s’achève dans la perte du sacré et un vide métaphysique.

télévisionAnimés par «une conscience se préoccupant non plus de l’être mais du bien-être, non plus de la vie spirituelle mais de la vie matérielle…l’habitude de regarder vers le bas a fait perdre à l’Homme  jusqu’à la signification du mot « étoile ».

La plupart de nos contemporains n’élèvent pas encore leur conscience plus haut que les auras artificielles des « stars » du showbiz ou du sport ou de la finance !

Les hommes n’ont que faire de la conscience profonde. Cela donne le matérialisme, l’utilitarisme , le fatalisme, le scientisme. Et la dictature qui se profile si la majorité ne se réveille pas ; car quand le peuple est trop moutonnier…il y a toujours un boucher  qui rôde.

La révolte de mai 68  prônait «l’imagination au pouvoir» mais  débouche sur un monde tout à la fois désengagé, déraciné et désenchanté. sans imagination car l’excès de « marchandises » tue l’imagination. Il faut être un peu sur sa faim pour imaginer autre chose.

 

L’insouciance s’est envolée.

 

 La jeunesse  d’aujourd’hui est toujours idéaliste et rêve toujours d’améliorer le monde et de faire mieux que ses aînés.

L’envie de changer le monde est toujours là, mais  le monde a terriblement changé et la jeunesse d’aujourd’hui ne peut plus goûter à l’insouciance de celle de 68. 

Nous sommes dans un temps d’insécurité : de l’emploi, du climat, des écosystèmes, de la nourriture et tant d’autres choses.

Nous vivons la fin du cool !

 

L’heure est à la responsabilité

 

Ce n’est pas peu dire que la jeunesse actuelle se trouve face à une situation alarmante.

 

  • Un modèle économique à bout de souffle,

  • Des écosystèmes dévastés,  

  • Une dette gigantesque,

  •  Le réchauffement climatique

  • Le spectre de Big Brother toujours plus intrusif

  • L’intelligence artificielle qui menace l’homme lui-même.

  • Des gens de plus en plus nombreux à fuir leur pays à travers le monde, etc.

De la révolution à la transformation ; où est passé l’avenir ?

 

Chez les jeunes d’aujourd’hui on retrouve donc la même envie de faire muter la société,  mais il y a une différence entre les deux époques . La composante utopique, semble absente chez la jeune génération qui fait une consommation grandissante de livres ou de séries dystopiques

Une dystopie est  une utopie qui vire au cauchemar.

 

Réenchanter le monde par la force morale

 

Tu ne sais pas à quel point tu es fort jusqu’au jour où être fort devient la seule option. » – Bob Marley

Pour faire face à ces nouveaux défis, il faut  pallier la fragilité psychologique des individus. Reconstruire la force morale est une priorité pour que les nouvelles générations puissent se montrer à la hauteur des enjeux de l’époque.

 Il nous faut retrouver la voie du guerrier pacifique, celui qui, intégrant les valeurs éthiques qui ont construit l’humanité, part à la conquête de lui-même pour mieux servir les autres.

C’est le héros !

Une tâche titanesque, une nouvelle utopie

 

Les  préceptes de la philosophie antiques nous enseignent comment grandir en surmontant les épreuves de la vie qui deviennent alors source d’apprentissage .

– Pour cela, il faudra s’engager dans une réforme radicale des modes de vie  et de consommation (abolir le mot même de consommateur pour désigner les êtres humains).

Les nouvelles générations  le savent confusément…  il faut  réparer ce que des décennies de consumérisme aveugle ont produit. L’enjeu, pour cette génération, sera de transformer cette tâche ingrate de réparation du monde en nouvelle utopie.

Tâche titanesque.

Reconstruire l’individu .

Pour cela, il sera nécessaire de ré-enchanter le monde par de nouvelles relations avec la nature et avec soi-même, sa nature profonde. C’est une tâche héroïque et une belle aventure.

Regarde cette vidéo ci-dessous, like et partage si tu es d’accord avec moi !

 

 

9 comments on “L’ère du cool est finie, il n’est plus interdit d’interdire !

  1. David Jr.

    Je n’étais pas encore né lors de cet évènement, mais mon père était un participant à ce mouvement. Et même aujourd’hui, il parle avec tant de fierté sa contribution à cette « grande lutte ».

    1. Elisandre

      Bonjour David,
      Oui vous devez être un peu déçu sans doute, mais ce que j’ai écrit fait partie de la triste réalité. mai 68 a donné forcément certains résultats dont une partie sont aussi positifs. Mais on voit bien que nous sommes allés trop loin dans la démesure, dans la jouissance égoïste et cela nous a amenés où nous en sommes. C’est aussi pour cette raison que nous avons maintenant attiré un dictateur qui est « en même temps » (le fameux en même temps) dans la démesure lui-même (ultra libéralisme, européiste, mondialiste) et surtout psychopathe (entre nous soi dit. Le retour à la sagesse est nécessaire pour se réharmoniser aux lois de la nature.

  2. Jeanne307

    Je lis votre article, et je sens les souvenirs qui remontent. Comment oublier cette lutte qui a initié pas mal de revirements dans notre vie. Même si je n’étais encore qu’un ado à l’époque, je me rappelle bien de tout.

    1. Elisandre

      Eh oui, moi aussi j’étais ado, on est arrivé dans ce monde là !

  3. Alice021

    À mon avis, il n’est pas toujours nécessaire de faire de tels mouvements pour se faire entendre. Nous sommes des gens civilisés si j’ose dire. Alors, pourquoi ne pas traiter les choses de façon pacifique ? En fait, ce genre de lutte engendre en général des victimes.

    1. Elisandre

      Ce genre d’action engendre des victimes et ne rien faire aussi, victimes passives…

  4. Laura

    Chaque pays, chaque personne, chaque parti… possèdent tous sa propre manière de mener une lutte. Par exemple, il y a ceux qui pensent que la meilleure façon de se faire entendre est de parler plus fort, voire crier.

  5. Christiane Robert

    Face à un problème ou une demande, je préfère adopter une approche plus pacifique. De nombreuses personnes pensent que c’est de l’hypocrisie, moi je ne crois pas. Le fait est que nous sommes des êtres humains capables de peser le pour et le contre dans une telle situation.

    1. Elisandre

      Merci pour ton commentaire; peser le pour et le contre cela s’appelle « penser »(penser c’est radicalement peser); on peut répondre à une pensée par une autre pensée en effet; quand on est attaqué physiquement, ce n’est pas la pensée qui résout le problème, il faut au minimum pouvoir faire barrage à l’attaque, le reste c’est malheureusement du blabla. Pas de l’hypocrisie non, mais du blabla. Dire que nous sommes « humains » ne résout rien du tout, nous le voyons aujourd’hui au niveau mondial; l’idée de notre « suprématie humaine  » est une grandiose catastrophe qui se dévoile aujourd’hui. La croyance ( ce n’est que cela) que l’on peut « s’extraire du réel » par la pensée nous mène au pire car nous pensons tout seul; le reste du monde ne « pense » pas, il vit et la vie a des lois.

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