Faisons l’amour « propre », une écologie de la relation

faisons amour propreTomber amoureux c’est facile !  Ce qui est plus difficile c’est d’établir des relations amoureuses salutaires et permanentes. Je propose ici une réflexion sur une écologie relationnelle pour tenter de sortir des relations/consommation et aller vers des amours durables et créatrices de bonheur pour soi et pour le monde.

L‘écologie en général est la science qui étudie les rapports entre les organismes vivants et l’environnement dans lequel ils vivent. Le mot a évolué et sous-entend une attitude qui permet la durabilité de vie des organismes en question. Appliqué au couple ce serait s’interroger sur les rapports qu’entretiennent l’homme et la femme pour que le couple reste vivant et en bonne santé. Après « faites l’amour pas la guerre« , aujourd’hui « faites l’amour propre ». Cette expression est bien sûr à double sens.

La Biodanza est un des moyens qui peuvent nous permettre de changer peu à peu les comportements culturels  « impropres » à l’épanouissement des relations, car la reconstruction sociale est, dans le fond, la reconstruction de la vie affective.

Hygiène relationnelle

L’écologie est avant tout une science relationnelle puisque c’est celle des interactions (entre les éléments d’un système). La conscientisation actuelle qui se fait  autour de l’écologie, pourrait donc être complétée par une écologie relationnelle qui favoriserait des échanges en réciprocité,  dans laquelle les besoins  de chacun seraient nourris et valorisés pour des relations durables et saines. Il nous faudrait pour cela accepter  de mettre en pratique des règles d’hygiène relationnelle.

A l’heure  de la volonté de beaucoup d’entre nous de se nourrir sainement et de préserver l’environnement,  demandons nous si une écologie relationnelle est, elle aussi, nécessaire pour être en santé et  vivre en harmonie.

Le parallèle que je fais  entre « écologie planétaire » et « écologie relationnelle » est  la nécessité de bien nourrir nos relations mais aussi de recycler les déchets pour que celles-ci restent vivantes et heureuses…en étant respectueuses de soi et de l’autre, en même temps.

Notion de système

  Un système est un ensemble d’éléments interagissant entre eux selon certains principes ou règles. Le couple est un écosystème, imbriqué dans des systèmes plus grands, un environnement ; c’est le plus petit système qui soit, ne comportant que deux éléments. Il est le plus petit et le plus important car il sous-tend la vie de l’espèce humaine, qu’il soit procréateur ou non.

Les composants d’un système échangent de l’information tout comme les éléments d’un couple le font. Dès qu’il y a dans ces échanges,  interférences écocidaires, il y a dérèglement du système, à l’instar des dérèglements systémiques planétaires. La pérennité d’un couple demande  de la « propreté », de l’ordre. La  pollution émotionnelle dérègle le système « couple » : pensées émotions, paroles doivent être recyclées.

A l’heure où l’écologie est encore presque seulement un concept très lentement appliqué, peu de gens ont compris que c’est la dépollution de l’intérieur, dans l’invisible des psychismes, des cellules, qui est la plus importante pour la paix et l’harmonie.

L’intelligence affective

J’ai téléphoné hier à un ami pour avoir de ses nouvelles et  – synchronicité ! – j’ai  eu la surprise de l’entendre dire :  « je débute une relation et je vais voir « untel », (psy-thérapeute) pour ne pas reproduire les mêmes schémas que les fois précédentes ». Lors de mon appel, il se trouvait de plus, en cure pour « arrêter de fumer ». Bravo !

Le vrai résultat pour lui se verra dans l’intégration au quotidien. Le procédé n’est pas « magique » – au sens de se faire tout seul – il demande de l’attention et une volonté ferme de changement. Le changement part toujours de l’intérieur de soi et se prolonge à l’extérieur par une attention consciente, un nouveau regard soutenu. Un vrai changement contient toujours une notion de liberté en rapport des conditionnements du passé.

Monsieur et Madame Propre

La pollution dans les échanges du couple vient d’un manque « d’amour propre » de chacun des éléments du couple. Il y a unité de comportement : je me comporte avec l’autre comme avec moi-même, même si c’est inconscient. Un manque de respect de soi-même entraine un manque de respect de l’autre. Un manque d’estime pour soi déclenche un manque d’estime pour l’autre et vice versa. L’identité de chacun se prolonge dans le miroir de l’Autre.

« Être heureux  n’est pas nécessairement confortable », comme le dit Thomas d’Asembourg dans son ouvrage du même nom. Disons-le, dans un couple, pour être heureux, il faut faire le ménage  des deux côtés du lien à créer. Et commencer de le faire si possible avant la relation, et pendant dès que c’est nécessaire. Cela est le plus souvent. Quand je rencontre quelqu’un d’important pour moi, , sa lumière va éclairer chez moi des parties que je ne connaissais pas et me mettre, peut être mal à l’aise,  car je vais me sentir vulnérable devant l’inconnu. Vice versa. Pourtant si je suis attirée vers cette personne, c’est pour intégrer et développer des potentiels que je ne connais pas, des facettes mystérieuses de moi-même.

Le phénomène se produit dans les relations amoureuses comme  dans toute autre forme de relation. Mais la relation érotique a cela de particulier qu’elle  met en contact avec des parties très intimes de soi-même qui ne se révèlent pas dans des relations moins impliquées. La relation avec le sexe opposé révèle des mystères auquel je ne m’attendais pas…des parties secrètes qui peuvent m’effrayer. Alors je dois au monde de faire face à ces peurs qui ne font que cacher mon désir de m’accomplir. Le désir de mon âme.

Nous sommes des créateurs, pas des consommateurs

On ne peut séparer le champ intérieur ( ce qui le relie à son âme, sa partie éternelle) de l’être humain de son champ d’application extérieur. Il ne suffit pas de prendre soin de la vie qui nous entoure, il faut aussi apprendre à vivifier, à respecter  celle qui nous habite. L’homme a toujours été un prédateur redoutable vis – à – vis de son environnement, de ses semblables. Avec beaucoup  de « créativité », il a «consommé » la plupart des ressources de cette planète. Un processus identique, avec une accélération soudaine, s’est déroulé dans les relations  envers nos semblables. Il conviendrait de passer de la consommation (et même surconsommation) de relation à la véritable création de relation. C’est là que se situe le travail de libération des mentalités, croyances, pensées, émotions, attitudes afin de pouvoir ouvrir la porte du coeur. il n’est besoin de chercher la clé qui convient, mais plutôt de déblayer ce qui encombre devant !

Crise de l’oïkos : restaurons nos intérieurs

La crise contemporaine est une crise de l’intime, c’est-à-dire  de la maison de l’être (éco = oïkos = maison, habitat, territroire). Les « intérieurs » sont encombrés des vieilles histoires et des conditionnements du passé. On parle de réussite financière ou professionnelle ; rarement de réussite de l’être et c’est pourtant la réussite essentielle. Elle n’est pas encore aux programmes scolaires.( A ce propos il existe cependant une nouvelle école d‘éducation biocentrique)

L’entrée dans les moeurs des sites de rencontre donne une impression de toute (im)puissance, même à ceux qui ne les ont jamais utilisés. C’est un phénomène de société.  Il est aussi facile de trouver quelqu’un pour un « trip » que de se servir sur une étagère de supermarché…et cela permet de ne jamais s’engager…à se connaître, à se renouveler. Les personnes sont interchangeables à souhait…

L’amour ne signifie pas grand chose car tout se passe comme si des actes puérils en prenaient la place.

Il y a peur de l’intimité, et aussi peur de perdre une liberté  illusoire puisque synonyme de solitude profonde le plus souvent. C’est cependant par l’activation des racines profondes du lien que nous pourrons parvenir à une transformation des relations de couple. En y réfléchissant 2 minutes seulement, comment la vie sur terre pourrait-elle continuer d’être cet apocalypse si la majorité des gens étaient profondément amoureux et l’incarnait dans leur quotidien ?

Le déni de l’altérité

Les habitudes destructrices de l’économie souveraine ont envahi le champ des relations. Nous avons noyé notre identité sexuelle dans les images du sexe (pornographie), notre identité amoureuse dans l’adulation de stars du showbizz, notre identité spirituelle dans l’image d’un Dieu qui a disparu…

Ceux qui pratiquent   le déni de l’altérité ( et par extension d’eux-même), se rendent-ils vraiment compte des bleus à l’âme qu’ils occasionnent   ? de l’apocalypse qu’ils cautionnent  ? Chacun en arrivent à croire  que c’est ainsi que « ça » fonctionne. Ce que nous vivons  est une crise généralisée de la sensibilité face à la vie et de notre manière de faire face à l’existence.

Nous sommes sous le joug de croyances ne favorisant pas la « poétique » des rencontres humaines. L’une de ces croyances est qu’il faut « s’aimer d’abord » pour ensuite aimer les autres. Cela donne lieu à des attitudes excessivement narcissiques contraires à la création de relations durables et profondes. C’est pourtant dans la relation que l’ identité s’enracine,  car personne n’est un électron libre ; chacun est une cellule de l’espèce humaine. Chaque cellule communique avec les autres, transmettant une information de qualité ou non.

C’est ensemble que nous apprenons  à nous mobiliser vers une destinée collective. L’amour est la Source collective et pour m’y abreuver, je ne dois pas la polluer avec de « mauvais sentiments ». Cela n’a rien d’une « morale » ; c’est plutôt une évidence, une éthique.

Il serait d’ailleurs plus juste aujourd’hui de mettre l’accent sur l’estime de nous, plutôt qu’estime de soi, au moins pour rééquilibrer une situation. : le chacun pour soi ! et tant pis pour l’autre !

La solitude

Beaucoup de gens sont célibataires, vivent seuls. Quand on se demande pourquoi on vit seul, il faut faire la part des choses.  On peut se dire qu’on n’a pas de chance, mais cette excuse n’est pas valable. On peut aussi s’interroger sur soi, se trouver « pas assez bien » ? , mais c’est rarement le cas. Au bout d’un moment on comprend que la « décision » (inconsciente) s’est installée lentement de la même manière qu’on a changé sa manière de vivre, son « lifestyle », en refusant graduellement tout ce qui  dévitalise.

La mise au vert progressive

Parcours écologique = parcours héroïque

Je me suis interrogée sur mon « parcours écologique », et je m’aperçois que curieusement, il a une ressemblance avec les « parcours héroïques » que je propose à ma clientèle en coaching individuel. C’est à dire un changement de niveau de conscience.

Quand on souhaite changer sa vie d’une façon écologique, généralement, on  commence  par changer les choses qui nous entourent : diminuer viande, alcool,  cigarette. On devient souvent végétarien ou presque, puis on  consomme du bio ou on cultive son jardin. On  change de travail pour une passion, un job  plus épanouissant,  correspondant  mieux à ses valeurs fondamentales.  On fréquente les salons bio, on se soigne, si nécessaire, par des pratiques holistiques. On prend de la distance avec le monde médical allopathique. On pratique la diète médiatique (pollution mentale énorme) et souvent même on  supprime la télévision, préférant lire de bons bouquins ou passer des soirées entre amis. On pratique une ou deux activités corporelles ou psycho-corporelles. On utilise le covoiturage et on est attentif à tous les petits détails qui économisent et simplifient la vie tout en la rendant plus conviviale. On fait finalement mieux avec moins. C’est le retour à la simplicité volontaire pour participer au mouvement écologique planétaire. Voilà !

Bien contre la peau de l’Autre

Donc, on se sent bien, beaucoup mieux dans sa peau ; mais on sait qu’ on se sentirait encore mieux contre  la peau d’un(e) autre, non ? alors on souhaite rencontrer quelqu’un correspondant à notre nouvelle manière de vivre. Cela peut se faire.  Et là au début tout semble merveilleux, dans la continuité de la démarche de qualité qu’on a entreprise.

Même si cet Autre est propre, qu’il sent bon, qu’il est beau, intelligent et   qu’apparemment on s’entende, il est  rare que l’inconscient de l’un de l’autre,  des deux, ne cache pas quelque chose « qui dérange »   Que cachons-nous dont nous n’avons pas conscience  ? des peurs, des entraves, des vieux contrats périmés,  un inaccompli à accomplir ? sous quelle forme ?

Rare  que cet Autre ou soi-même soit libéré des désordres familiaux, des comportements dominant/dominé, des peurs sociales, des phobies financières, des états de co-dépendances chroniques, enfin de tout ce que notre société produit  de stressant et qui s’insinue partout, dans l’air, dans l’eau et dans les coeurs. Non que ce que vous êtes, ce qu’il (ou elle est) doit être rejeté, mais « recyclé », intégré dans le nouvel écosystème qu’est le couple. Cela demande conscience et temps, ouverture à l’autre.

Des pesticides relationnels

Je me suis aperçue , pour ma part de certaines « rigidités » et exigences. Mon exigence envers l’autre était la projection   de ma propre exigence narcissique. Tout ce que je gagne en dévalorisant l’autre est un homme dévalorisé. Tout ce que je gagne en niant l’autre, c’est de me retrouver seule.

Il existe de vrais pesticides relationnels : la disqualification, la jalousie, les reproches.

Comment est-ce que je traite l’autre ? suis-je nourrissant(e) ? Ma compagnie participe t-elle de son épanouissement ? ou est-ce que je lui propose une relation toxique, dans laquelle je l’emprisonne, le contraint, l’aliène à mes besoins ?

Mes valeurs « écologiques » se retrouvent-elles dans ma manière d’être en relation ? mes idéaux sont-ils en accord avec mes comportements ? ai-je pris le temps de les accorder ?

Est-ce que je prends le temps, et ai-je surtout la courage de m’interroger sur moi avant de critiquer, de renier l’autre ? de le rendre responsable de mes états d’âme négatifs ?

Peut être  que ses comportements ne sont pas plus écologiques que les miens, voire pire, mais il n’y a que moi que je peux transformer. Par amour propre, je dois m’interdire mauvaises pensées et mauvais sentiments, trouver le véritable besoin nourrissant qui se cache derrière.

La Biodanza, en tant que processus de construction de l’identité et de maturation affective, donne les moyens aux participants, au fil du temps, de s’extraire des relations toxiques et d’inventer des formes de relations plus écologiques et épanouissantes.

Conclusion

 Chacun doit prendre l’écologie relationnelle   à bras le corps. Nos comportements, nos attitudes affectent l’autre émotionnellement et nous pollue nous-mêmes.

Il y a une véritable rééducation existentielle à faire dans tous les domaines. La biodanza permet de retrouver des comportements à la fois naturels, instinctifs et respectueux de la sensibilité, la vulnérabilité de chacun.

Je pense qu’il ne suffit plus de se cantonner à une attitude incantatoire regrettant la perte des valeurs humaines.

Il devient urgent d’accepter d’aller à contre-courant d’un mouvement déjà puissamment inscrit dans les structures mentales, en se mobilisant pour retrouver des relations  saines : changer les mentalités commence par soi-même.

Outre le déni de l’altérité, il existe  cette sorte d’aveuglement social, d’insensibilité quant au vécu de l’ autre en général…pas seulement l’humain mais aussi  l’animal, le végétal.

Une vidéo à regarder pour se faire du bien

Pour faire du bien à notre humanité, se donner de l’espoir, de la joie, vous trouverez dessous une vidéo fort inspirante : un homme  a enfin compris qu’il était préférable de choisir la compassion, l’amour plutôt que la cruauté envers les animaux. Nous traitons exactement de façon semblable les  êtres humains que les animaux.

Réjouissez-vous du changement et laissez-moi un commentaire !

Merci d’avance.

http://youtu.be/QYP2LGOev3w

 

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