Les montagnes russes de l’estime de soi

montagnes russes estime de soiConfiance en soi, estime de soi, affirmation de soi, amour de soi et tout les concepts qui se terminent en « soi » sont,à mon avis, suspects. Ils jouissent tous d’une popularité qui n’a d’égale que son obscurité.  Pour ne pas se laisser mener par le bout du nez par des concepts fourre-tout, (pas de consensus quant à une définition acceptable de l’estime de soi parmi les théoriciens),  il convient  de les démystifier, pour « dégonfler » leur tyrannie quotidienne.  La mystification est une grande dame dans notre société.  On peut rester caché (e) dans les plis de sa robe, ou décider d’en sortir. Pour mieux vivre et mieux être, la seconde solution est la bonne.

Je me souviens lors de mon adolescence (et plus tard aussi) des réflexions (désagréables) que me faisait  ma soeur (eh oui, c’était un peu la famille Cendrillon) qui me disait souvent, avec un certain mépris :

  • « toi, tu es toujours contente, toujours satisfaite de toi-même !  » ( sous-entendue que c’était vraiment un horrible défaut évidemment)

Comme dans l’histoire de Cendrillon, les oiseaux du ciel m’aidaient à trier les lentilles dans la cendre. C’est une image évidemment.

Pour que ma soeur relève ce trait de caractère chez moi,  son cas devait être souvent contraire. Ce sont les opposés qui permettent la conscience. A condition qu’on les intègre, tout va bien.

 

Avez-vous confiance en vous ?

J’ai déjà abordé la notion de confiance en soi dans l’article précédent   : où retrouver la confiance en soi ?  et expliqué que l’issue au problème consistait à retrouver cet archétype que l’on nomme « enfant intérieur », (dont le moi social se méfie), se réconcilier avec lui ; Intégrer la polarité adulte/enfant en soi. Si ce n’est pas fait, je vous conseille de vous y reporter pour comprendre la base du « retour à soi ».

Les notions d’estime de soi et de confiance en soi sont très proches mais comportent des nuances.
Selon Carl  Rogers, l’estime de soi représente l’ensemble des sentiments que nous nourrissons à l’égard de nous-mêmes, qu’ils soient bons ou mauvais. Il s’agit de poser un jugement sur  sa valeur et ses capacités. L’estime de soi, tout comme la confiance en soi  ne sont donc pas statiques car quiconque  a la possibilité d’évoluer en fonction  des contextes, fera varier l’estime qu’il a de lui-même.

La confiance en soi, renvoie à un sentiment de sécurité ;  elle s’acquière au fur et à mesure de l’acquisition de compétences,  capacités, aptitudes. Elle n’est pas innée ( voir l’article : où trouver la confiance en soi)

L’estime et la confiance en soi sont   liées, puisque plus on a confiance en soi et plus on peut s’estimer et vice versa.
Toutefois, il est possible  d’estimer, ce que l’on est  en profondeur, mais manquer de confiance pour l’exprimer à l’extérieur.

L’amour de soi correspond à l’estime de soi et l’affirmation de soi est en gros un autre mot pour la confiance en soi ou en découle naturellement . Je ne pourrai me mettre en avant, m’exprimer, mettre mes limites, prendre ma place, que si j’ai une confiance en moi suffisante. Une confiance en soi défaillante amène une grande dépendance.

 

Est-ce que je le vaux bien ?

Une chose est sûre : tous ces concepts assez voisins ou plus ou moins reliés entre eux se « méritent ». C’est grosso modo, ce que l’on acquiert en faisant d’abord du développement personnel.  Bref, si l’on veut avoir le privilège de jouir d’une bonne estime de soi, il faut payer, d’une manière ou d’une autre ? Et tout dépend de là où on part, de l’éducation. C’est en quelque sorte un entrainement à devenir un autre personnage plus fort. Mais on ne devient fort qu’en étant soi-même profondément. On pourrait dire que si j’acquiers suffisamment de confiance en moi et de capacité à m’affirmer envers les autres, alors, j’aurais une bonne estime de moi-même ?

Bof…il y a un souci…

 

Où est le problème alors ?

  • Tout d’abord, parce que l’estime de soi suppose « l’évaluation de soi’, considéré comme une entité stable et définie une fois pour toutes alors qu’à l’évidence il s’agit d’un processus, impermanent par essence.
  • si elle augmente lorsque je le « mérite » , par exemple si j’ai obtenu l’approbation sociale, ou accompli un projet gratifiant, alors elle diminuera suite à  une mauvaise performance. On voit alors que l’individu moyen vivra des hauts et  des bas  dans son « estime de soi », oscillant entre des moments où il se prend pour un dieu et d’autres moments tragiques, où il sera « déprimé ». Il voyage sur des montagnes russes, avec les « hauts le coeur » que cela suppose.

 

Lors d’une rupture amoureuse, c’est flagrant : de grandes questions se posent quant à l’estime et la confiance en soi car il est fréquent ( surtout pour les femmes) de se demander quelles fautes elles ont commises, où si elles sont assez belles, ou aimables etc, etc…

D’ailleurs, soyez attentif(ve), quand vous avez un coup de déprime, d’où cela vient-il ?

  • vous n’avez pas assuré, pas su comment vous y prendre ?
  • vous n’avez pas réagi selon une image idéalisée de vous-même ?
  • vous n’avez pas  posé vos limites ?
  • vous avez été maladroit(e) ?
  • vous aviez des attentes ( envers l’autre donc envers vous-même) ?
  • etc, etc…

Le plus vous relierez l’évènement à votre état interne, en étant  observateur(trice), le plus vous vous rendrez compte que vous êtes monté(e) dans un manège infernal, et à moins que vous aimiez ça, vous pouvez en descendre quand vous voulez. Allez on va dire au moins qu’au début, vous allez attendre la fin du tour. Plus tard, c’est peut être vous qui aurez la manette pour arrêter le manège. Vous cesserez de vous faire embarqué(e), démonté(e).

 

stop manège émotionnelL’estime de soi, un mauvais placement

Donc, vous commencez peut être à vous demander si miser sur l’estime de vous-même est une bonne affaire  ? Car, il y aura toujours des évènements qui risquent de  vous pousser sur les montagnes russes émotionnelles.

Et quels évènements ?

 

Stop au manège  émotionnel !

J’ai toujours regardé en biais ce concept d’estime de soi et ses corollaires ( confiance, affirmation, image de soi)

 1) Estimer est relatif !

Une estimation est toujours relative, vous serez d’accord avec moi ? Rien ne s’estime dans l’absolu. Donc, avec l’estime de soi, on rentre dans la comparaison, dans le jugement de soi.  Que l’on se compare à d’autres ou à des performances passées, ou attendues, le résultat est le même; C’est un crime ontologique ; autrement dit vous niez votre être. De façon identique, comparer un résultat avec ce qui aurait pu ou dû être, seon vous,  c’est jeter le gant à la face de Dieu. Mes mots sont forts pour que vous vous en souveniez.

2) En fonction de quoi  indexer l’estime de soi ?

Puisque l’estime est relative, à quelle aune devrez-vous vous estimer ?

Le problème n’est pas l’estime de soi en tant que telle, mais qu’est-ce que nous croyons devoir faire, réussir, pour avoir droit à cette estime positive de soi.  Le modèle de société valorise certains critères ; nous cherchons donc, selon ces critères à être « estimable ». Donc, l’estime de soi est conditionnée par  certaines valeurs qui ont cours dans notre société. Ce sont ces valeurs qui conditionnent, à notre  insu très souvent, l’évaluation que l’on fait de soi-même. Danger d’aliénation !!!

Le fait de devoir suivre des critères met de la pression, tue la créativité et augmente le contrôle. La relation de contrôle envers soi, éloigne de plus en plus de sa propre vérité, authenticité,  et on peut se retrouver un jour complètement dans le brouillard, avec la sensation de s’être perdu(e), de ne plus se reconnaître. On a perdu le fil d’Ariane de sa propre Identité Spirituelle.

Si nous ne connaissons pas notre vérité, si nous ne nous approchons pas de notre intimité, notre profondeur, comment savoir sur quel repère nous devons nous indexer ?

 

Une issue simple : l’acceptation inconditionnelle de soi.

Certes il y  a une issue très simple qui ne met plus en cause, ni confiance, ni estime de soi, ni tous ces « soi » qui sont en réalité des « moi » blessés plein d’ émois. De tous ces « et moi? », « et moi ? » Tout simplement parce qu’ un être vivant est inestimable; moi et vous y compris. J’étends l’inestimable à tout être, soi dit en passant et à la vie qui habite ces êtres. .

Cette tendance pour le moins « névrotique » de l’être humain à  l’évaluation de la vie (inestimable)  en général et à l’auto-évaluation en particulier, l’a propulsé (artificiellement) et collectivement en  haut de l’échelle de la création ;  une aberration dont aujourd’hui beaucoup commencent à se rendre compte. La chute risque d’être brutale si tous les barreaux du dessous s’effondrent ! La verticalité oui, mais pour relier la Terre et le Ciel.

 

estime de soiSeuls les comportements peuvent être auto- évaluer

La notion de valeur d’un être humain ne tient pas  :  Sur quels critères établir la valeur d’un individu ? que serait un « bon » être humain et en quoi se distinguerait-il d’un « mauvais » ?  De telles interrogations  plaident en faveur d’un abandon pur et simple de la question de la valeur d’un être humain et donc de l’estime de soi. Les êtres humains sont et c’est tout. La seule chose susceptible d’être évaluée  ce sont leurs comportements. On peut donc évaluer ceux-ci et ainsi les parfaire si on le souhaite.

Dans la pratique d’un sport, par exemple au tir à l’arc, si je rate toujours ma cible, je devrais m’entrainer et m’entrainer encore et encore, jusqu’à atteindre le centre. Je pourrais ainsi :

  • estimer les progrès de mon talent, ma compétence, mon habileté dans la pratique de ce sport
  • avoir confiance en ma compétence dans le rôle sportif de « tireur à l’arc

 

Idem pour les comportements interpersonnels et intra-personnels ; vous pouvez mesurer, évaluer la pertinence de vos comportements et les améliorer. La mesure ? en fonction du bonheur que vous obtenez.

Comment ?

 

La personne n’est pas le comportement.

Il existe une alternative à cette  montagne russe  émotionnelle que constitue l’estime de soi,  à l’opposé de toute mesure de la valeur d’un individu : il s’agit de  l’acceptation inconditionnelle de soi et d’une relation de  compassion avec soi. A chaque fois que le mot estime de soi vous viendra… voici une alternative à essayer : remplacez-le par « compassion de soi » ; vous avancerez sur le chemin de la croissance émotionnelle  ( sortir de l’infantilisme) en direction de la Libération.

Une notion essentielle à retenir !estime de soi

Ce n’est pas parce qu’un individu agit stupidement qu’il est stupide.

Donc, revenons-en encore à la relation à l’enfant intérieur : tout ce qui n’a pas pu mûrir en soi et qui attend que vous l’écoutiez, le compreniez et le laissiez s’exprimer, avec patience et compassion. Rappelez-vous que cet enfant intérieur a beaucoup, beaucoup de secrets à vous révéler et de trésors à vous faire découvrir. Alors emmenez-le pour une chasse aux trésors de vous-même ! Et les trésors ne se jugent pas en fonction du bien et du mal.

La compassion, l’empathie vous permettront de retrouver la motivation à l’action, car, si vous n’attendrez aucun résultat, vous n’aurez rien à contrôler, rien à évaluer, juste à apprécier le plaisir de l’action.

Et si malgré tout, votre enfant intérieur éprouve des émotions difficiles parce qu’il y a eu échec,  accueillez, accueillez, écoutez le se plaindre en vous. Ne niez pas ce qui se passe, et écoutez la plainte de cette part  oubliée de vous-même, qui essaie d’attirer votre attention.

Si vous restez dans le système relatif de « l’estime de soi », vous vous coupez de pouvoir accueillir tout ce qui est vivant en vous, tout ce qui vibre. Parlez le langage de la tendresse, de la douceur. Ecoutez   les rêves de l’enfant, sa déception, sa douleur ou sa rage. Autant de ressources bien plus fécondes que de faire des évaluation de soi.

C’est à la manière douce, à son rythme que l’enfant en vous va reprendre confiance en la vie tout simplement. Car ce qui donne confiance de vivre, c’est de ressentir la vie en soi et non pas une idée conditionnée de la vie et de ce que vous devriez faire..

 

L’estime de soi contreproductive

En restant dans le langage de l’évaluation de soi et du yoyo émotionnel qui correspond, on en arrive à de l’auto-sabotage qui peut tourner à une sorte de haine de soi. En évaluant seulement les comportements à remettre en question, en écoutant les émotions, en rentrant en empathie avec ces parts de nous-mêmes déçues de nos échecs, nous allons au coeur de nous-même ; là où réside notre mystère, et nous retrouvons la force de renaitre tel que nous sommes intrinsèquement. Plutôt que contrôler, nous nous découvrons dans toute notre splendeur et nous dévoilons la merveille en soi. Alors que la mère veille sur l’Enfant ! Car, l’enfant c’est celui qui ne parle pas encore ( cliquez pour lire l’article)

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