Démystifions la peur du changement [2]

temps La première partie de l’article est à lire en cliquant ici.  J’y décrivais la peur du changement et le fait qu’un change-ment,  subi ou décidé, provoque une sorte de chaos cognitif qui se passe dans « l’invisible », sous la boite crânienne. L’invisible est à priori angoissant car on ne peut le « contrôler » objectivement .

Le changement est  inévitable  et vient bousculer les « programmes », les autoroutes neuronales établies, sortes de circuits d’information  responsables de nos automatismes de penser et d’agir (ou non agir).

Ces schémas de  pensées maintiennent  en quelque sorte les histoires de notre « moi » . Ce qu’on appelle alors le « mental »  est garant du maintien, de la persistance, de la chronologie de nos représentations sur nous–mêmes et notre histoire.

C’est ainsi que nous en venons à nous identifier à ces représentations de nous-mêmes, les gardant en mémoire par l’intermédiaire des pensées…qui créent elles-mêmes des formes-pensées collectives, donc à terme des formes.

Le mental est aussi garant de la dualité, c’est à dire qu’il définit « ce qui n’est pas moi »et à quoi je ne souhaite  pas ou plus m’ identifier. Il crée une sorte de limite imaginaire, schématique entre « ce qui est moi » et « ce qui n’est pas moi ». Cela peut être ce qui n’est plus moi ou ce qui n’est pas encore moi.

C’est grâce à cette frontière que la conscience est. Sans contours, sans limites pas de forme, pas de conscience, le néant.

Je décris (de manière amplifiée et humoristique) le phénomène de « séparation » dans cet article : La confrérie des compagnons du boudin blanc

Le mental permet, par « pesée » (pensée>> même racine) de choisir ce que l’on veut, de décider, de créer, de discerner.

 

La constance du changement

« Rien n’est permanent, sauf le changement » – Héraclite

Le changement est  un processus constant pour tous les êtres vivants et même ce qui nous semble inerte comme les minéraux. Ce qu’on appelle changement est en fait une création à chaque  seconde. C’est LA CREATION. Quand je dis « à chaque seconde » c’est parce que c’est un temps absolu, un potentiel; en même temps un « néant » et un « infini ». Dire un millionième de seconde ne serait pas juste non plus.

J’ai  expérimenté ce phénomène « noétique » ou tout et rien, partout et nulle part existent et où JE suis encore là, au centre.

Totalement inconscients d’une grande partie d’entre elles, nous vivons  des évolutions permanentes, et subissons ou provoquons modifications mineures ou grands bouleversements; pour remettre les « pendules à l’heure » (oui c’est paradoxal évidemment) de notre état de conscience.  

La matière et le changement des formes

 

Le propre de la matière ou de ce que nous nommons ainsi, ce sont des formes qui nous apparaissent tangibles ( à des degrés divers : l’air est moins tangible que le fer) . Elles constituent une sorte de « résistance« (persistance) ; un processus d’illusion nécessaire qui nous permet de « voir » la continuité de création. Comme les images d’un film qui pourraient  toutes être prises séparément par clichés, mais qui donnent  une impression de mouvement quand elles défilent en vitesse. Notre cinéma se déroule ainsi. C’est d’ailleurs pour cela que les gens qui frôlent la mort reviennent avec cette impression d’avoir vu défiler leur vie. Ils ne l’ont pas vu « défiler » ( mais que dire d’autre ?), ils ont tout vu en même temps.

Que dirais-tu, sinon, d’une oeuvre qui disparaîtrait à chaque instant et que tu devrais recréer perpétuellement ? C’est en fait ce qui se passe, mais la mémoire des formes permet sans cesse de « tenir la forme ». Il n’en est pas moins vrai que toutes les formes, même celles qui semblent  les plus tangibles sont appelées à disparaître = à ne plus paraître.

 

Magiciens ou  sorciers

 

Même les scientifiques, qui ne font qu’observer les formes physiques se sont rendus

compte que ce qu’on appelle la matière est finalement « transparente ». Il n’en reste pas moins que dans cette incarnation en 3 Dimensions, nous faisons l’expérience d’une matière qui nous semble solide, et que nous ne sommes qu’apprentis magiciens pour la transformer.

Les « sorciers » et sorcières  la maltraitent, maltraitant du même coup  tous les êtres qui y évoluent, croyant  dominer le monde; ils en reviendront forcément car ils font eux-mêmes partie de cet ensemble.  La sagesse n’est pas la « manipulation » mais la maîtrise de la matière.

La matière est une forme particulière de l’esprit et tout dépend de la mentalité à travers laquelle cet esprit passe.

 

La résistance au changement

 

Certaines  mutations de formes provoquent  contournements, luttes ou crispations, appelées résistances. Pour autant, tout être vivant, même le plus simple, sait opérer  les changements nécessaires pour s’adapter au mouvement, au jaillissement créatif.

La résistance au changement fait partie de la vie des formes.  C’est  un processus de défense biologique.

Ceux qui souhaitent un changement, quel qu’il soit, se représentent celui-ci comme une évolution positive et s’agacent parfois des comportements résistants de ceux qui ont une perception différente.

 

L’homéostasie

 

Pourtant, il faut comprendre que cette résistance est parfaitement naturelle et porte un nom : l’homéostasie ( du grec = rester le même, rester semblable ). L’homéostasie est le mécanisme de protection de tous les êtres vivants envers une modification de l’environnement.

Sorte de thermostat biologique, l’homéostasie est la capacité d’un organisme à maintenir une stabilité relative, un équilibre de fonctionnement face aux contraintes et stimuli : cette compétence est essentielle  pour rester en vie.

Au sens physiologique du terme, l’homéostasie permet par exemple à notre corps de conserver la température interne relativement stable , ou  de développer des phénomènes de rétroaction face à une agression virale ou microbienne : montée de fièvre, transpiration sont des symptômes de l’homéostasie et pas de « maladie »; ils seraient plutôt des manifestations de force vitale.

 

Conclusion

 

Le changement est naturel  et essentiel, et la résistance au changement également

La réaction homéostatique régit  les fonctionnements physiologiques, mais également psychologiques et émotionnels.

Elle concerne aussi  individus et groupes :par exemple :

 

  • la résistance  pendant la guerre mondiale,

  • les mouvements de protestation face à des projets de loi,

  •   les grèves,

  • les oligarques face aux « gilets jaunes » et à tout un peuple  etc…

 

Les exemples sont nombreux  dans notre monde, car les règles et conventions (sociales, culturelles)  sont des extensions des dispositifs homéostatiques destinées à préserver un équilibre.

Le sont aussi les habitudes, les conditionnements de penser, les rituels etc…qui sont des processus souvent  nécessaires et  utiles mais  parfois il est indispensable de les questionner,  dès lors que des modifications apparaissent dans l’univers interne/externe,  pour envisager  d’autres réponses  d’évolution.

Lorsque la stratégie de défense homéostatique d’un système est uniquement le repli (l’immobilisme) elle s’avère généralement mortifère.

 

Le mot de la fin :  « ça commence par moi »

 

Dans un monde qui nous bouscule par son instabilité, ses mutations accélérées, ses crises et les incertitudes induites, il est normal  que les stratégies homéostatiques individuelles et collectives s’activent et souvent s’opposent.

Il est aussi nécessaire de développer personnellement une capacité de défense d’une part et de résilience d’autre part, à titre individuel, pour choisir ce que l’on veut créer dans sa vie.  Ce n’est plus le « chacun pour soi » mais le « ça commence par moi ». 

 Et c’est bien meilleur car ce n’est pas un changement convenu qui vient d’un diktat  extérieur par exemple, mais je profite de la dynamique du changement pour devenir moi-même, authentique. Et authentique signifie = inattaquable. C’est trouver sa souveraineté inaliénable.

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 

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