Comment savoir qui je suis ? identification VS identité

Quand  on ne sait pas qui on est (en tant qu’esprit), on risque de s’inventer un personnage et de finir par croire qu’on EST ce personnage. C’est ce qu’on appelle l’ignorance fondamentale.

Le fait de s’identifier à un personnage s’appelle l‘identification. ( croire que l’on est uniquement ce personnage)

Quand on ne sait pas qui on est, on ne sait finalement pas non plus de quoi on est capable ; on ne sait pas si on est ce qu’on croit être, alors il y a une peur énorme d’être perdu.

La panique.

Cet article fait suite à Deviens le Christophe Colomb de ton identité.

Quand on panique, on s’accroche à ses idées, et surtout on a un énorme besoin de croyances; on cherche les souvenirs, on a perdu son personnage et son rôle. Un peu comme un acteur qui ne se souviendrait plus quel est son rôle et son texte.

C’est la même panique, le même trac  que les acteurs ressentent avant de rentrer en scène, mais ça se passe sur la grande scène de la vie. Quelle différence ? Aucune pour ainsi dire !

Si ! dans la vie beaucoup de gens appellent ce trac le « manque de confiance en soi ». Mais tu sais quoi, si tu veux dédramatiser, tu peux aller lire cet article en cliquant : « de l’inutilité de la confiance en soi. » 

Que crois-tu que ferait un acteur, devant un public, s’il avait oublié son rôle, s’il ne se souvenait plus ?

Eh bien il improviserait forcément car les autres acteurs lui donneraient la réplique. Parce qu’en principe il est habitué à improviser; il s’est entraîné à l’impro. Pareil pour toi, pour avoir une marge de sécurité, tu dois apprendre à improviser.

 

Et, au théâtre,  il y a les « souffleurs !

Eh bien figure-toi que dans la vie, les souffleurs existent aussi. Quand tu es à court d’idées, il y a l’inspiration …mais ceci est une autre histoire.

 

Si le spectacle était un onemanshow, il faudrait que l’acteur improvise totalement !

Et c’est là qu’il découvrirait ce qu’il ne connait pas encore de lui-même. Ce serait l’opportunité de laisser émerger des facettes inconnues, surprenantes.

Pas facile pour l’ego et ses identifications, je le conçois !

 

Un trac fou !

 

théâtreDans mes jeunes années, j’avais une trouille incroyable dès qu’il y avait plus de deux ou trois personnes autour de moi ! J’ai très vite compris qu’il fallait que j’affronte ce dont j’avais peur, que je fasse avec. Et j’ai vite compris aussi qu’il valait mieux développer son courage au moins autant  que s’occuper de la peur.

En fait, toute ma scolarité m’a servi à apprendre le courage; à être un héros. C’est tout ! (en plus d’apprendre à lire, écrire, compter, juste les bases pour vivre en société. Tout le reste était inutile parce que biaisé, éphémère.

Hormis l’anglais quand même, apprendre aussi à parler, lire écrire dans cette langue et aller en Angleterre ensuite ( là aussi courage, héros, partir seule à treize ans et quinze ans.

Identifiée à une mauvaise personne, comme me l’avait fait croire ma mère, je n’aurais pas pu aller bien loin sans développer mon courage. Alors j’ai voulu me connaître, connaître de quoi j’étais capable au-delà de ce qu’on avait voulu me faire croire. Et j’ai bien fait !

Oui c’est un peu ridicule de rester sur une idée toute faite de soi-même non ? ! Il faut s’expérimenter ( = sortir du péril mental).

Il n’y a que comme cela qu’on se découvre.

Remède pour se  découvrir =  se découvrir (retirer les couvertures et couvercles  sous lesquelles on étouffe (cocotte-minute).

Sinon comment se découvrir  sans le courage de vivre  l’imprévu ?

Sans le courage, qualité yang/active du coeur, on en reste au « personnage factice et policé » et puis voilà !

 

Le théâtre de l’imprévu

 

théatreLe bouquet final d’une de mes formations de coaching ( en tant qu’élève) se terminait par un week-end de théâtre un peu spécial;  « le théâtre de l’imprévu« .

J’ai complètement adoré !

Les spectateurs étaient invités à poser des questions aux équipes de coachs (nous étions une vingtaine et chacun faisait partie d’une équipe de 5/6 personnes). C’est sur scène, en actions, en improvisation totale qu’on devait répondre à la question posée par le public. A notre manière , tu t’en doutes bien, en action; pas en analysant la situation, mais   en se lançant dans ce qui nous venait à l’esprit sur le sujet, à ce qui nous venait aux tripes et en l’exprimant.

Cela donnait des choses étonnantes ! Totalement »inattendues », surprenantes.

 

 Chaque équipe avait un leader; celui-ci  commençait le « show » et les autres devaient donner  la réplique, entrer en scène quand ils le sentaient,  sans se défiler évidemment (c’était le contrat).

Pas question de ne pas soutenir celui qui avait accepté d’être le leader de l’équipe. Il y avait tout pour l’action: l‘audace, le soutien, le courage, l’émotion.

 Le public était totalement médusé de la pertinence de ce qui se « jouait » sous leurs yeux. La muse nous habitait. Bien sûr, nous l’avions chatouillée la veille lors de la préparation à l’imprévu. Bizarre non ? de se préparer à l’imprévu, et pourtant…

Je me souviens ( il y a 20 ans quand même !) : la question du public à mon équipe concernait la difficulté des parents avec les adolescents.

L’adolescente en moi est apparue spontanément et a dit ce qu’elle avait à dire : tout est sorti sans aucune préparation, sans réflexion et pourtant tout ce que j’ai dit était terriblement sensé. On n’entendait pas une mouche voler dans la salle (on ne risquait rien, remarque, on était en novembre – lol).

 

Esprit et tripes, questions et réponses : des  duos qui se cherchent

 

théâtre

LE TARTUFFE de Moliere, mise en scene de Peter Stein au theatre de la Porte Saint Martin a partir du 14 septembre 2018.
Avec: Pierre Arditi (Tartuffe), Jacques Weber (Orgon), Felicien Juttner (Damis).

Devant une question urgente, tu as toujours la réponse. Dans la vie aussi.

Le public dans ce cas du « théâtre  de l’imprévu » fait office de « question urgente »; tu ne peux pas le décevoir, tu dois répondre avec tes tripes, incarner le personnage qu’on te propose.;  il y a un en-jeu,  en jouant,

La réponse est déjà là, prête à être connue, mise en lumière. Elle a juste levé une question de la part du public.

 

Oui, j’ai bien dit, la réponse a levé une question. 

Car ce sont les réponses en attente qui lèvent les questions. On dit bien que le héros se met en quête. La quête est ce mouvement vers la réponse qui sera trouvée dans la zone de magie ( et pas dans la zone de confort).

Sans question comment connaître qui tu es ? Ce n’est pas en déclinant ton nom, ton prénom et ton lieu de naissance que tu sauras QUI tu es !

 

Qu’est-ce que l’identité ?

 

Tu le sais ou pas, je suis facilitatrice (didacte) de Biodanza – un système  d’intégration de l’identité justement (par le mouvement dansé et les rituels de rencontre) –  qu’on pourrait d’ailleurs mettre en parallèle avec le concept d’individuation de Carl Gustav Jung.

La toute toute première chose qu’on append quand on se forme à cette profession, c’est la définition de l’identité .

Bien sûr je ne vais pas te faire un cours en règle ici, mais te donner quelques pistes.

 

A) Tout d’abord, le plus remarquable est que  l’identité est une énigme, un paradoxe qui

 

  •  se manifeste dans la relation à l’autre (chacun a conscience de ce qu’il est face à ce qui n’est pas lui)

  • possède une essence invariable et est sujette à de constantes transformations (change mais reste la même)

 

B) Les fondements de l’identité sont biologiques avec

 

         1) deux composantes fondamentales

  • composante héréditaire (potentiel génétique)

  • composante environnementale ( potentiel épigénétique = développement selon les éco-facteurs)

 

        2) deux tendances paradoxales

  • stabilité et uniformité du code génétique de l’espèce ( obligé ! sinon tu ressemblerais à n’importe quoi !)

  • richesses et variations  des créations d’individus uniques (« l’infini » s’exprime par le nombre)

       3 )   la conscience d’être singulier qui en découle

  •  la vivencia : sensation estime de sa propre valeur intrinsèque)

  •  l’ « image de soi » : ce qu’on semble représenter pour soi et pour les autres

 

 

La panique

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Quand la mémoire de l’appris s’efface, cela peut être flippant mais c’est une grande chance pour ton « âme » (ce qui t’anime, te  met en mouvement),  au lieu de rester dans le petit personnage du moi, coincé dans son costume habituel qu’il reprise et reprise encore, même quand il est usé jusqu’à la corde.

 

Et c’est ainsi que tu peux  devenir le narrateur de ton histoire, le narrateur de l’histoire d’un personnage qui te ressemble peut être davantage dans le moment, au fond de toi-même, et puis changer de personnage, lui donner une autre allure si nécessaire. Et à chaque fois, le point de vue que tu prendras te fera découvrir de nouveaux paysages étonnants, imprévus.

Nous sommes des êtres mouvants,   pas une fois pour toutes celui-ci ou celle-là, tout en conservant notre essence.

Le développement personnel veut souvent amplifier un « moi », le faire devenir tout-puissant, confiant en lui-même. C’est à quelque chose de plus profond qu’il faut faire confiance, en laissant le petit personnage faire ses erreurs ( = errances) pour se découvrir…et le regarder faire, comme un spectateur du Théâtre de l’Imprévu.

Qu’en penses-tu ? Cette idée de l’identité telle que je l’ai expliquée ci-dessus te déboussole t-elle  un peu ? Si oui, tant mieux car tu peux entrer dans ta zone de magie !

 

 

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