Cassandre et le Cheval de Troie : le déni

Cheval de Troie

Cassandre était la fille de Priam, roi de Troie,  et connue pour sa très grande beauté; ce qui amena Apollon (dieu solaire) à tomber amoureux d’elle. Il lui accorda le don de prophétie en échange de leurs futurs ébats ! Cassandre accepta le don mais se refusa au dieu. Par vengeance celui-ci fit en sorte que les prophéties de Cassandre ne soient jamais crues, même par sa propre famille.

Cassandre  avertit  que le cheval offert par les Grecs était un subterfuge qui conduirait la ville de Troie à sa perte. Plus Cassandre voyait l’avenir avec précision, moins on l’écoutait. En transe, elle annonça des événements terribles dans une transe qui la fit passer pour folle. De ce fait, chacun la fuyait.Le mythe raconte comment, une fois que Troie fut envahie et pillée, Cassandre fut livrée comme un butin de guerre au roi grec Agamemnon.

 Le syndrome  de Cassandre désigne les situations où on ne croit pas ou ignore des avertissements ou préoccupations légitimes. Nous appelons des « cassandre » ceux – et particulièrement celles – qui annoncent les malheurs, dont on cherche à étouffer la parole car celle-ci dérange … oubliant que dans la mythologie, toutes les prédictions de Cassandre se sont réalisées …

Alors, ce n’est pas en multipliant les dénis qu’on empêchera que la fin de notre monde ne devienne synonyme de fin du monde….Il est dit que c’est dans les heures qui précèdent l’aube que la nuit est la plus noire.

Tu dénies ou tu poursuis la lecture ?

Nous sommes en ces heures d’obscurité.

 

Nommons les choses par leur nom !

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  Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d’auteurs, de scientifiques et d’institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu’elle s’est constituée depuis plus de deux siècles. Comment pourrait-il en être autrement ?

Tu as remarqué qu' »on » nous parle de crise depuis très très très longtemps; Il va falloir maintenant donner de l’intelligibilité aux phénomènes de « crises » que nous vivons. Les mots/maux, ça suffit !

« Crise » était  l’arbre qui cachait la forêt. Aujourd’hui, la fameuse crise se nomme  de son vrai nom : « effondrement » .

Une nouvelle discipline nommée «collapsologie » a été créé: pour étudier ce sujet – fort inconfortable il est vrai– Avouer la vérité est-il  jamais confortable ?

J’ai commencé d’évoquer la collapsologie (dans l’article « sortir du  présentisme  pour  habiter le monde de demain ». que je t’encourage à lire pour mieux comprendre.

Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d’éviter un tel scénario ?

 

Le déni

 

A force de vivre « hors sol » et uniquement dans le présent,  ( après moi le déluge !) il va bien falloir remettre les « pieds sur Terre » et les mains dans l’humus ( ce qu’il en reste) . Est-ce un hasard, si on appelle le scénario qui se profile à l’horizon un « effondrement » ?

Quelque chose qui s’effondre va vers le bas !

J’ai, pour ma part, toujours trouvé que ni ceux qu’on appelle les « matérialistes », ni les spiritualistes n’avaient les « pieds sur Terre ». Je les renvoie dos à dos. Je n’ai pas délaissé la religion catholique pour en prendre une autre (même pas la religion cathodique) qui serait soit disant meilleure. L’herbe semble toujours plus verte ailleurs, on le sait bien, mais ce n’est pas ailleurs que cela  se passe. C’est ICI, hier et demain. Spiritualistes et matérialistes ont en commun des croyances qui ne s’appuient pas sur le Réel de notre vie quotidienne. Dans un cas comme dans l’autre, j’y vois le déni, la lâcheté, l’infantilisme. Le déni est une sorte de protection contre la peur de vivre, mais une protection illusoire, car  elle génère au contraire plus de peurs. Regarder les situations en face et agir redonne la maîtrise autant que faire se peut.

« Tout va s’effondrer. Ce n’est pas une intuition mais une réalité. Tous les faisceaux d’indices, toutes les publications scientifiques, toutes les observations concordent : notre civilisation court vers un effondrement global. […] Et que fait-on ? Rien ! Ou presque rien. Pire, nous croyons encore pouvoir résoudre ces crises fondamentales par le système qui les a précisément engendrées »,

nous prévient  Julien Wosnitza, Français de 24 ans, après de nombreuses études et missions de terrain avec l’association Sea Sheperd. Cet ancien étudiant banquier, devenu collapsologue, a écrit « Pourquoi tout va s’effondrer » aux éditions Les Liens qui Libèrent.

 

On ne peut pas résoudre un problème avec la manière de penser qui l’a créé.

Albert Einstein

 

Le merveilleux, c’est ce qui est !

 

Et si notre civilisation s’effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant.

 L’effondrement est notre avenir. Qu’y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre…

Le merveilleux c’est ce qui est. Parce que je ne tomberai pas dans la désillusion, la déception mais dans le réel. Et c’est le réel qui est magnifique.

 

Limiter la hauteur de la chute

 

 Au moins limiter la hauteur de la chute  

Tous les éléments de notre monde sont interconnectés, et  tout est dans un état d’équilibre extrêmement précaire. On est à l’aube de réactions en chaîne d’ampleur encore jamais vues;  depuis la fonte des glaces jusqu’à notre consommation quotidienne.

Les collapsologues disent qu’aucune solution ne peut nous éviter un effondrement, mais des actions  peuvent limiter la hauteur de chute de l’effondrement : comme développer la permaculture, stopper la consommation d’animaux, dépolluer les océans…entre autres…

 

#MakeOurPlanetGreatAgain, on commence quand ?

 

terre verteNous savons depuis au moins 1970 et le  » Rapport sur les limites de la croissance » du Club de Rome que notre mode de vie est nocif, pourtant rien n’a été fait depuis. Pourquoi la prise de conscience n’a pas été suivie d’actes concrets ?

La croissance est-elle la nouvelle religion de notre société ? (C’est pour cette raison que je dis que les matérialistes sont tout autant déconnectés du Réel que ceux qui croient en un sauveur ou un dieu qu’il suffit de prier).

Dennis Meadows, l’auteur du rapport au club de Rome en 1972, nous a  prédit un effondrement aux alentours de 2030, et  ses calculs  sont  parfaitement justes jusqu’à aujourd’hui.

Pourquoi rien n’a été fait ? Parce qu’il faudrait diviser par 10 notre niveau de vie d’Occidentaux, et qu’aucun politique ne sera jamais élu avec un programme ayant pour but de vivre comme un Tibétain ou un Bhoutanais. On préfère l’arnaque au Réel ! C’est tellement plus confortable…pour un temps.

Jusqu’ou va t-il falloir aller pour qu’un homme politique devienne « sexy » en proposant simplement de continuer à habiter cette Terre, à rester juste vivant ?

La vie est tellement dépréciée que cela semble improbable !

Et puis, il  ne faut pas oublier qu’un « smicard » fait encore parti de 8% des plus riches de la planète, donc des prédateurs de ressources, et des réchauffeurs climatiques.

 

  D’où peut venir le changement selon vous ?

 

Julien Wosnitza précise : 

Les initiatives individuelles du quotidien ont du sens uniquement si elles sont coordonnées, et c’est cette coordination que nous n’avons pas : on voit bien la difficulté et le temps nécessaire pour faire changer les mentalités, ne serait-ce que sur le sujet de la viande.

On veut tous changer la planète, mais on ne veut pas avoir de coupures d’électricités, on ne veut pas de rationnement, et on veut de la viande et du poisson régulièrement. Tant que ça tient ça va, mais la chute va faire mal.

Si jamais on veut du positif, le changement (s’il vient) viendra des ZADs, des permaculteurs, des initiatives de dépollution… Mais l’État ne soutient réellement aucune de ces initiatives.

 

On a l’habitude de se cacher derrière le fameux « On trouvera bien quelque chose » ( la science, la technologie) pour justifier nos propres inactions.  Même si on « trouve quelque chose », comprenez par-là une avancée technologique permettant de limiter  la chute, il faudrait le temps de la mettre en place à grande échelle, la capacité industrielle de le faire et surtout les matériaux nécessaires.

C’est donc en soi qu’il faut « trouver quelque chose !

Qu’en penses-tu ? Laisse un commentaire !

 

3 comments on “Cassandre et le Cheval de Troie : le déni

  1. Anne

    Bonjour Elisandre, je valide complètement ce que tu écris. J’ai une conscience aiguë de l’imminence de cet effondrement que je vois venir depuis la fin des « trentes glorieuses ». Le dérèglement climatique et ses conséquences, dont l’aveuglement des politiques à la solde des multinationales sont responsables, nous renvoient en tant que citoyens du monde, à nos propres responsabilités. Depuis plus de 40ans, des voix s’élèvent pour dénoncer les disfonctionnements étatiques et sa collusion avec la finance, menant l’homme à sa perte, et à la perte de ses valeurs existentielles, jusqu’à l’atteinte de sa propre biologie et la mettant en péril.
    Je te remercie pour ta clairvoyance eclairante.
    Je t’embrasse. Anne

    1. Elisandre

      Merci de ton commentaire Anne ! C’est tout à fait cela ?

  2. Pingback: Vivre l'effondrement avec enthousiasme | Le Royaume Amoureux d'Elisandre

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