Si nous réenchantions la sexualité ?

le plaisirDepuis qu’a sonné l’heure de ce qui fut appelé la révolution sexuelle (mai 68), ou en sommes-nous de notre vision de la sexualité ? Quels constats pouvons-nous faire ? Quelles conclusions en tirer ?
Entre puritanisme et libéralisation , comment redonner sa vraie dimension et quel sens à cette facette si intime et subtil de la relation humaine ?
Comment donc réenchanter la sexualité ? Mettons-y  de l’attention, pour évoluer et lui donner un sens constructeur.

Premier constat : de l’interdit  au laxisme

Il semble que, après 68, les mœurs soient passés graduellement d’un extrême à l’autre, et qu’aujourd’hui tout soit permis ou toléré. La sexualité est passée  de secret, tabou, interdit, à  voyeurisme, exhibitionnisme.

Si certains aspects de la révolution sexuelle sont positifs, le débridage s’est  accompagné d’effets pervers. Qui dit interdit, refoulement, dit alors forcément transgression, défoulement.

Faire l’inverse de ce que l’on faisait précédemment, c’est toujours faire la même chose, à l’envers. Peut-on faire l’économie de cette façon d’avancer ?

Deuxième constat : tout est possible

  • coupleToutes les facilités matérielles

Les moyens de vivre les relations et la sexualité sont à porter de tous. Tentatives d’éducation sexuelle dans les lycées et collèges, littérature abondante dans le domaine, moyens contraceptifs variés, facilités des rencontres par les moyens technologiques, sites de rencontres gratuits

  • Le pire et le meilleur

Cependant, à en croire les cabinets bien remplis des sexologues, on n’est pas plus à l’aise,  dans une sexualité soit-disant libérée. Quand tout devient possible, arrive le pire comme le meilleur.

Si on considère le problème du sida, il semblerait même que l’amour charnel soit accompagnée d’un risque supplémentaire et d’une contrainte – celle de se protéger. Mais de quoi nous protégeons-nous vraiment ?

La crainte des grossesses non désirées ( des vies en trop ?) a été remplacée par la peur  de la mort (des vies en moins ?) cela donne à réfléchir non ? ou l’homme commet-il une erreur ? ne prenons pas la maladie comme une punition, mais comme le constat que quelque chose est déréglé dans l’ équilibre psychologique et comme une tentative de guérison.

Troisième constat : la sexualité, un aspect de la crise humaine

  • puzzleUn chaos à organiser

On en parle plus librement ! s’il n’est plus question  de raconter aux enfants qu’ils sont venus au monde dans des choux ou des roses, transmettons-nous pour autant un message clair, vitalisant sur la sexualité ? ce message ne peut être clair que si nous avons ressenti le sens profond de ce qu’elle est.

Nous en sommes loin car l’interdit, le tabou protègent l’ignorance bien longtemps après qu’ils aient été levés. Une révolution n’est pas un acquis mais un chaos à organiser ; ses bénéfices ne sont pas instantanés. Le chaos n’est pas le désordre non plus, mais un état intermédiaire entre deux niveaux de conscience, un moment où les cartes sont redistribuées.

127503590915qMB7Suffit-il de distribuer en libre service des préservatifs ? C’est une mesure de secours immédiat devant la panique (oui  ! le mot sonne  bien) qui  peut amplifier la phobie.

  • une crise humaine

La sexualité est toujours chargée des scories des millénaires passés : un rapport gêné au corps et au plaisir dû à la prégnance du dogme religieux, relayés aujourd’hui par les pouvoirs économiques.

La crise dont il est tant question, pour la majorité des gens, reste rivée aux considérations financières. C’est voir seulement le sommet de l’iceberg et risquer un  naufrage titanesque. Et si cette crise concernait plutôt la dimension humaine, spirituelle et qu’elle touche alors tous les aspects de la vie, notamment l’amour, le couple et la sexualité – fonction d’abord créatrice de vie ?

Que conclure de ces constats ?

  • Il faudrait intégrer une pensée « vitalisante » de la sexualité

…un sens euphorisant et sacré. Si la fonction de reproduction, donc de prolongement de la vie est naturellement lié au plaisir, interrogeons nous sur le lien entre vie saine, accomplie, créative et plaisir.

  • Le plaisir est la clé

13361668222nO5IQqui ouvrirait bon nombre de portes à l’humanité la vraie autorisation au plaisir – intégré. Il est seulement autorisé en lien avec l’ « économie de marché ». Je pense à l’expression « faites-vous plaisir », maintes fois entendue, comme argument commercial. Comme il sonne faux à mes oreilles ! à mon coeur ! Un besoin naturel, sensuel, gratuit, vital est détourné (perverti au sens littéral du mot) ! Je voulais le signaler sans rentrer outre mesure dans un autre débat – politique  celui-là –

Qu’il est fourbe, dévoyé, dévitalisé le plaisir de la compensation marchande. On achète sur « un coup de coeur »…sans avoir même jeté , le plus souvent un regard à la vendeuse en entrant. Waooouuuh !

  • Récupérons le plaisir de façon simple et naturelle.

La croissance dont nous avons le plus besoin n’est pas celle qui dévore et salit la planète, mais celle qui agrandit les cœurs et réjouit les corps tout simplement.

Consultez la page concernant la biodanza, un système de réhabilitation existentielle et humaine

Sexualité et génitalité

sexualitéJe voudrais ici attirer l’attention sur l’utilisation du mot sexualité qui se comprend généralement comme uniquement concerné par les parties génitales.
Sexualité signifie « ce qui est coupé, divisé, partagé en mâle et femelle ». A rapprocher de section, sécateur etc..(vient du latin sexus)

Même si c’est au niveau des organes génitaux que la différences entre mâle et femelle est la plus apparente, la polarité existe à tous les niveaux de l’être et en chacun de nous également (intérieur/extérieur).
La sexualité est globale et concerne la transmutation du plomb de nos besoins en or du désir ! Elle parle de notre désir de nous accomplir, de notre libido en tant qu’énergie de vie, de puissance créatrice.

La génitalité est l’exercice de ce pouvoir de vie et de jouissance dans la relation physique partagée avec une autre personne. Elle parle typiquement de plaisir charnel et  s’inclut dans une vie accomplie.

Le détournement, les compensations de ce niveau d’énergie vers des réalisations virtuelles (succès financier, popularité, possessions matérielles) provoque déséquilibre, aberrations comportementales, maladies, mal être et consommations de neuroleptiques.

Pourquoi si peu de sagesse ?

La répression du plaisir

  •  Des préjugés nous manipulent

13298654602z8aFkTant de préjugés survivent, nous manipulent à notre insu ! Depuis des millénaires, on raconte que satisfaire le corps est péché ou danger de se perdre.
Derrière nous, des siècles de répression et de censure du plaisir des sens, sous le couvert de religions portées par des célibataires mal dans leur corps. Au Moyen-Age, la médecine prend le relais « scientifique » avec des interprétations erronées sur la physiologie féminine.

Aujourd’hui, la nécessité fallacieuse de réussir matériellement pour combler des désirs artificiels renie sensualité, sensibilité, nous prive de temps et d’énergie à consacrer à l’amour. Cette quête illusoire nous empêche de poursuivre nos aspirations profondes, et d’entretenir un rapport sain au corps comme source de désir et de plaisir.

  • Le plaisir renforce l’identité

Pourtant, le plaisir prédispose à l’indulgence et à la compréhension. Cultiver sa sensualité fait prendre pleinement conscience de son corps et de ses exigences, contribue à renforcer son identité et son autonomie.
Or le pouvoir a besoin d‘êtres serviles, de travailleurs productifs. Le plaisir réduit l’agressivité mais le pouvoir a besoin de guerriers.

La première conséquence de la répression du plaisir, entachée d’un sentiment de honte et de culpabilité est l’inaptitude au bonheur, la perversion de l’identité. L’image convenable, le moi social raisonnable que nous construisons en niant notre sensibilité, notre sensualité nous met à l’abri des conflits internes mais notre vraie nature étouffée fait de nous des êtres appauvris, anesthésiés. La joie disparait.

le plaisirNotre corps souffre de cette répression, accumule des tensions par des gestes retenues. Il conserve la mémoire des élans brisés qui se transforment ensuite en troubles fonctionnels.

Le défoulement peut advenir alors parfois par la violence

  • Réconcilions-nous  avec notre nature

Il me semble que si nous débarrassions l’idée de sexualité et la relation homme/femme des scories de 2000 ans d’hypocrisie et d’obscurantisme, nous nous acheminerions vers une réconciliation avec notre vraie nature, avec La nature.
Si les frustrations sexuelles sont source de mal être, l’enjeu d’une sexualité bien vécue est important.

Clairement et définitivement,  une subversion (mai 68) qui ne rompt pas avec le système d’exploitation dont elle est l’objet est une imposture, un leurre. La sexualité trouvera ses lettres de noblesse quand la nature de l’homme (son animalité)  ne sera plus refoulée/défoulée mais retrouvée, intégrée, raffinée.

Orgasme et extase

orgasmeL’orgasme (du grec argân : bouillonner d’ardeur) est une expérience physique, psychique et spirituelle qui apporte bien être, satisfaction, sentiment d’être rassasié. Il est nourrissant.
Au plan physique l’orgasme est le paroxysme du plaisir, le stade ultime de l’excitation sexuelle, de la frénésie amoureuse.
L’orgasme s’accompagne d’une impression de sortie du corps, comme si l’espace/temps, caractéristique de la condition humaine était abrogé. Cela ressemble fort à ce que les mystiques décrivent de l’extase. C’est un état de complétude.

Les relations sexuelles et la vocation au bonheur

  • Le plaisir est partage

Le fait d’être deux à partager et savourer le plaisir est un hymne à la joie d’être humain. Le plus grand bonheur et honneur est d’aimer et d’être aimé. Le plaisir est une chose bonne, voulue par la création et synonyme de renaissance, de régénération. Ce que j’avance ici est vérifiable et vérifié scientifiquement.
La durée des relations et la fidélité permettent l’approfondissement du plaisir partagé.

  • Raffiner notre humanité

Le zapping  en vogue aujourd’hui – défoulement des contrats rigides du passé – fait partie des comportements de survie mais aussi donne la preuve d’une sexualité qui n’en est qu’à un stade immature. Si elle participe de la vocation au bonheur, la sexualité demande, comme à l’adolescence d’être polie, raffinée, de passer de notre animalité à notre humanité en devenir.

  • refoulement = inhumanité

animalitéLe refoulement des instincts a abouti à l’in-humanité. Il ne suffit pas de dire que nous ne sommes pas des bêtes et de surcroît les mépriser. Nous avons notre part d’animalité à intégrer, plutôt que la refouler. Devenir humain, c’est créer à partir de nos instincts car ils sont notre force de vie. Cela  demande de la part de chacun  une subtile recherche personnelle et collective.

La biodanza est cette quête de notre humanité à travers les fonctions originaires de vie. ce système de développement humain, créé par Rolando Toro depuis 60 ans

Recherche inconsciente de la spiritualité

  •   Séparation du sacré et du profane

Comme le corps a été dans le concept séparé de l’esprit, le profane a été séparé du sacré. Le bon sens nous indique pourtant que seul un corps mort, donc privé de vie, n’est plus habité du souffle vital (anima). Le corps sans l’esprit n’est plus qu’une coquille vide, une « dépouille ». Tant que la vie l’anime, l’esprit l’anime et toutes ses fonctions sont sacrées.

Le mot sacré signifie « qui appelle au respect absolu ». Le sacré a été réservé aux valeurs spirituelles tandis que le matériel (hors objet dédié aux cultes) fut désacralisé, donc profane . La désacralisation, autorise le Pouvoir au non respect, à la main mise sur les corps et les nécessités corporels. L’être humain est devenu un esclave volontaire du Pouvoir en reniant son âme, en échange d’une sécurité promise parfaitement illusoire.

  •  L’homme en quête de son étincelle la sexualité

Les aspirations les plus profondes de l’homme sont au niveau spirituel. L’exercice de la sexualité est une recherche inconsciente de la spiritualité. En quête du divin plus ou moins consciemment, dans la pratique sexuelle, l’homme est en recherche de rencontrer l’étincelle divine en lui, sa capacité à créer et transcender les formes. Nous sommes à l’aube de cette mutation. La physique quantique nous ouvre intellectuellement la voie mais encore faut-il vouloir passer à l’action.

La sexualité est le lieu où chaque être humain sent même furtivement son pouvoir, sa quête de l’unité, sa force intime. Les pouvoirs religieux ne s’attaquèrent pas par hasard à cette dimension si féconde de l’être humain et firent des « fidèles » à des plaisirs différés dans un paradis « après la mort ».

  • Retrouver son pouvoir divin

Quand on pense au chantage qu’a longtemps exercé la religion sur les masses, on comprend le pouvoir du management par la peur, toujours présents aujourd’hui, par d’autres moyens médiatiques.

Seul l’exercice d’une sexualité consciente de son pouvoir divin peut amener l’être humain à retrouver sa puissance et sa liberté. Le défoulement sans limite et sans conscience qui a lieu aujourd’hui n’a rien d’une vraie libération car dans la folie qui suit la retenue, il n’y a toujours pas la sagesse nécessaire.

Conspirons pour l’amour !

sexualitéHeureusement que la vie est plus forte que tout ; nous, êtres humains, en sommes un de ses composants, bien que nous cherchions à nous en éloigner pour la dominer. Elle nous avertit par la souffrance que nous perdons ses aspects essentiels. Elle nous gratifie par le plaisir et nous montre le chemin de l’unité avec tout  le vivant.

Conclusion

La sexualité est une des fonctions biologiques : la fonction de reproduction. L’humain peut vivre les fonctions biologiques à différents niveaux de conscience mais ne jamais oublier qu’il dispose de 5 sens capables de lui indiquer sans cesse la bonne direction sur le sentier de son existence. En le privant de ses sens il perd le bon sens et devient destructeur de son biotope et de sa biologie.

Il est vital aujourd’hui de retrouver, d’amplifier « l’intelligence sensible » que la raison (du plus fort) a supplantée.

l'amourL’action politique la plus puissante est une conspiration pour l’amour sous toutes ses formes bien sûr et elle n’exclut pas sa dimension charnelle, terrestre  !

Car voyez-vous, le problème avec la sexualité dont on ne sait que faire et dont on fait n’importe quoi …est qu’elle est la partie visible de l’amour et que l’amour dérange tant il est imprévisible. c’est la vie tout simplement !

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