Dossier secret #3 : l’Ombre et le Prince Charmant

Cet article n’est pas que pour les dames…

Quelle ambivalence le sentiment amoureux ! Il est l’objet des plus grandes attractions mais aussi  des rejets les plus violents. Seul réel enseignant de nos existences, l’amour est le révélateur  privilégié de nos peurs, de nos insuffisances et aussi de notre génie. Dans le conte de la Belle et la Bête, derrière la peur :  le merveilleux, le prodigieux, le génie. Vous en conviendrez la Bête du conte est loin d’être le prince charmant « mythique » de Walt Dysney (rappelons-le, vision erronée et commerciale)

Les monstruosités de nos vies.

L’Autre, dans la relation, ne me ment jamais, il me parle de moi, totalement. Difficile à entendre  quand cet autre me semble « monstrueux ».  Pourtant, si l’autre m’apparaît  « effrayant »  c’est bien parce qu’il est mon miroir et que cette aspect de moi ne me satisfait pas.  Peut-on se voir autrement que dans un miroir ? non ! Que puis-je voir qui ne fasse partie de moi ? rien ! Cette facette de moi-même est-elle dans  une zone étrange, ou étrangère, dangereuse, minée peut être, interdite, tabou, insensée à mes yeux ?  Est-ce la peur  d’émotions explosives, de tristesses non épanchées, qui me fait me détourner du miroir et me détourne donc  aussi de ma propre image que je souhaite ignorer. Si j’ai attiré cet Autre qui me confronte à une part de moi-même, cela doit avoir un sens. Et ce sens m’indique une direction. Cet Autre, quel mystère  veut-il  me révéler ? Une relation amoureuse qui nous permet  d’éviter ce genre de questionnement et de peur frontale est une relation dans laquelle nous nous cachons, mais pas une relation qui nous permet de croître. Croître c’est intégrer des facettes de soi-même ; les connaître et les aimer. Croître c’est grandir en découvrant le monde. Nous portons le monde autant qu’il nous porte. Croître c’est apprendre à se connaître et à s’aimer entièrement. Apprendre à s’aimer soi-même se fait   à travers les autres...j’allais dire les ombres… Croire que l’on s’aime soi-même tout seul fait partie des illusions égoïques.

Apprivoisons  nos ombres

Le conte de la Belle et la Bête est emblématique par excellence de la rencontre féconde mais difficile avec ce que Jung a appelé l’Ombre dans la Psychologie Analytique. Rencontre féconde car c’est tout un pan de notre personnalité qui se révèle quand nous côtoyons nos monstruosités, quand  nous rencontrons ce que Dieu nous monstre. « monstrum » est  un terme du vocabulaire religieux, désignant un prodige avertissant de la volonté des dieux, un signe divin à déchiffrer*.

Dans la recherche du partenaire, nous éprouvons le besoin de trouver « le bon », la bonne personne. Derrière ce terme « bon », se cache  « le Partenaire parfait ». Mais derrière le Bon, se cache la Brute et le Truand !!! Ah!,  ce fameux prince charmant façon Clooney !  Obsession culturelle. Désir superficiel. La recherche de  l’Autre /pansement, sorte d’objet valorisant, clone de nos facettes les plus avantageuses,  est  l’une des plus puissantes illusions de l’égo. Plus quelqu’un  ressemble à nos bons côtés, nos facettes connues et appréciées, et plus nous sommes rassurés sur nous-mêmes, mais nous cachons notre Vérité. Plus nous sommes attirés par  quelqu’un de différent, de non-conventionnel à nos attentes ou à celles de notre entourage et plus nous sommes campés devant nos ombres, nos parts secrètes et sacrées.  L’Ombre est ce que nous ne connaissons pas de nous, le refoulé, l’indicible, voire l’impensable.

Que la lumière soit !

« La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur.. » Carl Jung

Par définition, l’ombre est le contraire de la lumière. Si nous l’avons caché c’est parce que c’était « inadmissible », c’est du moins ce que nous en avons cru. Et bien sûr, comme tout ce que nous ne connaissons pas…cela nous effraie, affole notre mémoire qui ne trouve pas  de références gratifiantes.  Nous sortons de notre « zone de confort »…peut être pour rentrer dans une « zone de bien être ». Bien être n’est pas toujours être bien immédiatement, car nous  faisons  remonter d’abord à la surface ce qu’on ne voulait pas voir. Ce sont bien elles, ces ombres qui mettent notre  lumière en valeur. J’ai découvert ce phénomène tout simple quand j’ai pris quelques cours de dessin : pour faire apparaître une image, on doit dessiner les ombres et uniquement elles. Comment dessiner la lumière ? L’ombre est ce qui divise la lumière, qui elle, est partout. La lumière nous éblouit  sans les ombres qui créent les formes, accrochent l’oeil et le reposent. La vraie lumière ne se découvre que grâce à l’ombre sinon c’est de l’aveuglement.

L’ombre un archétype particulier

Carl Gustav Jung

Le psychiatre suisse  Carl Gustav Jung définit l’Ombre de la manière suivante :

«  L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » « Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »

Il y a d’ailleurs souvent une confusion chez les personnes qui font du développement personnel, entre le fait de devenir « parfait » et celui de s’accomplir, se réaliser. La nuance est de taille.  C’est pour cela qu’on voit beaucoup de « méthodes de développement personnel » qui amènent certainement de la performance mais pas forcément de la plénitude. C’est là toute la différence entre développement personnel et développement humain

Rencontrer son ombre « insupportable »

La difficulté de la compréhension de ce concept  d’Ombre et de la rencontre avec elle existe  pour 2 raisons :

  • une part importante de personnes sont dans l’ impossibilité d’envisager qu’ils ont une vie intérieure ; ces personnes , en principe nient toutes prise de position analytique ou psychologique, n’accordent aux choses que leur sens apparent. Cette attitude dérive de l’exclusivité du mode de connaissance objectif, scientifique dans lequel l’observateur n’est pas inclus. Cela revient à ne voir que la partie émergée d’un iceberg, en niant l’énorme partie immergée.
  • même  ouvertes à cette réalité,  la nature même de ce qu’est l’Ombre est difficilement accessible à la plupart, car  pas facile à accepter pour l’égo.  De plus, cette ombre, même si elle n’est pas mauvaise, côtoient dans la psyché  de fortes charges émotionnelles soigneusement enfouies depuis longtemps. Rappelons que l’égo est cette instance en nous qui a mis en place des stratégies de survie en réaction à des peurs « monstrueuses ». Exemple : je suis timide parce que j’ai un jour évaluer le danger et la honte que représentait « à l’époque » (lors d’un évènement particulier) le fait de me mettre en avant ; j’ai par exemple reçu de nombreuses moqueries pour avoir oser me mettre en scène devant tout le monde. Je me suis senti si ridicule que la timidité me garde et même si je le ressens comme un handicap, un mauvais sort, une malchance, celui-ci me protège de la moquerie, du rejet énorme dont je me suis sentie l’objet. Pour sortir de ma timidité, je vais devoir apprivoiser l’Ombre de moi-même, c’est à dire la personne osée, exubérante que je suis potentiellement. Toute cette expression possible, refoulée, me ronge de l’intérieur ; c’est un Ogre de peur.

Le refus d’existence de l’ombre chez le sujet vient du fait que le Moi refoule son image même, à travers des projections sur les autres. C’est l’autre qui a tord, qui est mauvais, méchant, malhonnête etc… Pour reprendre l’exemple cité plus haut, il est fort probable qu’avant de retrouver ma partie « osée », j’ai beaucoup critiqué les personnes audacieuses, les trouvant « gonflées, culottées, mastuvu, exubérantes etc » Plus mon expérience initiale a été traumatisante et plus j’aurais de difficultés à reconnaître et apprivoiser cette sorte de double inconscient de moi-même qu’est l’Ombre. Quand l’Autre, ses actes, nous sont insupportables, c’est que nous le sommes à nous-mêmes.

Le Royaume magique de la Belle et la Bête

Le Royaume dans lequel la Belle et la Bête se rencontrent est un royaume magique dans lequel ils vont pouvoir chacun retrouver leur vraie forme, leur principe vital : être prince et princesse pour une nouvelle royauté. Chacun rencontre son Ombre chez l’Autre. Je reviendrai plus en détail sur ce conte ultérieurement, dans un autre article.

Comme je l’ai évoqué dans des articles précédents, c’est en remontant votre histoire à rebrousse chemin et en affrontant les archétypes négatifs, les ombres et les peurs archaïques associées, cristallisées sous formes de symptômes/sortilèges, que vous les déjouez, dénouez et retrouvez votre vraie nature. Attention  ! Négatif est dit ici au sens de  : contenant de l’énergie non encore utilisée. Ces  énergies sont les « gardiennes de vos projets, de vos réussites »qui attendent ces énergies.

revoir dossier secret #1 révélations sur les contes de fées.

Conclusion

Les contes sont initiatiques parce qu’ils nous des aspects inconscients de notre psyché qui détiennent les secrets  de nos modèles d’accomplissement, c’est à dire  nos chances. Les contes permettent la « réinitialisation de celles-ci.

Parler des archétypes négatifs est facile comme de parler d’un lion. Les rencontrer est différent, comme de rencontrer le lion ; il est indispensable d’ y être accompagné. Alors c’est facile ! C’est ce que je vous propose pour réaliser vos souhaits. Tous les défauts, les refus que vos projetez sur l’Autre sont des refus de vous-mêmes. Ces fameux princes qui ne sont pas assez charmants sont vos chances. Dès que vous êtes ouvertes à cela mesdames, quelle chance !

Un parcours de 4 contes en 4 séances de coaching , transforme votre vie !

12 comments on “Dossier secret #3 : l’Ombre et le Prince Charmant

  1. Elisandre

    Bonjour « moment présent ».

    Merci beaucoup de ton commentaire et de l’intérêt que tu as porté à mon article.

    Le fait de le dire plus simplement encore ne rend pas plus simple de « rencontrer son Ombre » car la difficulté, comme je l’explique, n’est pas d’en parler et de le comprendre intellectuellement. C’est de rencontrer ces peurs archaïques qui ne surviennent qu’à des moments cruciaux de notre existence,
    lorsqu’on entreprend de remonter dans les sortilèges pour les dénouer et se libérer.
    Il ne s’agit pas de mental mais d’émotions, de réflexes de défense puissants de l’égo.
    Il ne faut pas tomber dans le piège que je décris au chapitre « rencontrer son ombre insupportable »

    Il s’agit dans les contes des ogres et des sorcières, du diable également. Ces archétypes fonctionnent « à part » de notre moi et viennent s’opposer sans cesse à celui-ci.

    C’est l’Ogre dans le chat Botté par exemple…qui tient le Royaume en lieu et place du Roi. Le meunier, mais surtout son chat vont récupérer cette énergie au profit du Tout ; le chat avale l’Ogre après l’avoir ramené à la forme d’une souris…Le chat représente « notre capacité d’inspiration », l’âme qui intègre, transcende, réconcilie ombre et lumière.

    L’ombre n’est pas mauvaise…elle fait parfois trop d’ombre et empêche la croissance, la pérennité.
    Sans elle la lumière n’est rien qu’un aveuglement. Nous sommes dans le monde des formes et nous devons apprendre à les manier par le jeu d’ombre et de lumière.

    Elisandre

  2. Emmanuelle

    Bonsoir chère Fée Elisandre,

    Tu vois il ya quelques jours je postais ce lien https://www.facebook.com/photo.php?v=282240781788130 sur mon mur Facebook en disant à Jeff Brown, regarde, pour moi l’illumination est le fait de plonger. La question est : où est-ce que je plonge ? Regarde la vidéo et regarde où se trouvent les zones de lumière.

    Et bien cela tombe à pic. Connection quantique ….. Tes lecteurs peuvent aussi en profiter.

    A bientôt
    Emmanuelle
    Un article par Emmanuelle : Les termes du coeur : crise nerveuse ou bien percée nerveuse?

  3. Elisandre

    Bonjour chère Emmanuelle et merci beaucoup de ta belle vidéo ;
    j’ai passé un moment « marin »
    Quelle beauté ce petit qui nage d’une façon si fluide avec sa mère !
    Tiens pourquoi je dis ça moi ?
    Un rêve d’enfant sans doute !

    Merci encore et à bientôt

    Elisandre

  4. Sylviane

    Elisandre,

    Apparemment tout le monde s’est branché sur l’Ombre car je suis en train de terminer un bonus la-dessus et je voudrais aussi rappeler cette phrase de Jung : « ce n’est pas en regardant la lumière que nous nous devenons plus lumineux mais c’est au contraire en plongeant dans l’obscurité. Cependant ce travail est très souvent désagréable et pour cela peu apprécié ».

    C’est quand nous nous affrontons notre Ombre et que nous l’acceptons que nous pouvons envisager de s’ouvrir à une relation amoureuse qui peut durer. L’autre ne sera plus notre miroir et nous pourrons l’aimer inconditionnellement tel qu’il (elle) est. C’est aussi valable pour les amis et pour tous ceux que nous côtoyons.

    Le travail sur l’Ombre est effectivement un pas énorme que nous pouvons faire pour notre connaissance de nous-mêmes.

    Comme d’habitude un excellent article
    Un article par Sylviane : Stress et sport-le golf

  5. Elisandre

    Bonjour Sylviane et merci

    Je vois que tu es d’accord avec moi sur le fait que ce travail est peu apprécié bien sûr et aussi que beaucoup se font de l’illusion avec la lumière.
    Je peux le dire que j’ai plongé dans l’obscurité …bien avant de connaître tous ces concepts, mais cela m’a fait jaillir vers la lumière de façon inattendue
    Ce que les gens ne savent pas souvent non plus, c’est qu’une main les tient malgré tout…

    Elisandre

  6. Pingback: La Belle et la Bête (version le Loup Blanc) ou rater sa chance | Le Royaume Amoureux

  7. Armanjac

    *** Brillante analyse très complète que j’apprécie beaucoup! Je suis d’autre part très surpris de la concordance singulière avec les faits synchronistiques vécus personnellement que j’ai décrits dans mon texte  » La Rencontre avec l’Ombre », publié sur mon blog Topolivres … Cordialement à vous!

  8. Billy

    Bonjour,

    Je suis étudiante en communication visuelle et, dans le cadre de mes études, j’aimerai travailler sur ce concept « d’ombre » à travers une exposition et un livre illustré. Mon but n’est pas de parler « psychologie » car j’en serai bien incapable ! J’aimerai résumer au mieux cette théorie d’ombre et la mettre en image. Dans tous les articles que j’ai pu lire à propos de cette part d’ombre que l’on cache, j’ai eu l’impression qu’il n’en ressortait que des émotions fortes et négative (négatives dans le sens « mauvaises », au sens le plus archaïque du terme) : la violence, l’exubérance, la méchanceté par exemple. Est ce que l’amour, la tendresse, l’émerveillement ou d’autres émotions que l’on peut juger « positives » font aussi parties de cette part d’ombre ? Par exemple, une personnalité pessimiste, cynique, désœuvrée aurait donc une part d’ombre optimiste et enjouée ? La « part d’ombre » n’est pas forcément un aspect négatif d’une personnalité ? (ou peut être faut-il que j’abandonne dès maintenant l’idée de bien/mal; positif/négatif ?).

    J’espère que vous excuserez la confusion et l’amateurisme de mon commentaire,
    Je vous remercie d’avance pour les réponses que vous pourrez m’apporter, j’ai beaucoup apprécié votre article.

    Cordialement

    1. Elisandre

      bonjour et merci de votre commentaire très pertinent !
      L’ombre c’est simplement ce que l’on cache, ce qui est inconscient, des facettes de nous-mêmes que nous n’avons pas été autorisé à montrer.
      Il vaut mieux en effet abandonner l’idée du bien et du mal.
      Ce qui est certain c’est que contacter une part d’ombre apparait souvent comme pénible car notre égo (l’image que l’on a de soi) n’aime pas l’inconnu. L’ego préfère les certitudes, l’immuable et refoule dans l’ombre tout ce qui le déconcerte, lui est étranger ou dont il a honte, se sent coupable;

      Il faut donc développer l’habitude du courage, tels les héros pour intégrer des parts d’ombre. Croître c’est cela.
      La capacité d’amour, la compassion ou beaucoup d’autres facettes dites positives peuvent être difficile à contacter et à intégrer consciemment par exemple.
      Pourquoi ?
      parce que les croyances sur la liberté d’aimer peuvent être du style « l’amour c’est dangereux », « ça fait souffrir », « on se fait avoir » etc…

      On peut aussi refouler sa méchanceté tout autant.

      Dans l’article « la face sombre du prince charmant », je reparle de cela en citant ma propre histoire récente et j’explique comment je refoulais en moi le bourreau. De l’avoir aimé dans le miroir de l’autre change complètement les choses. Cet homme m’a montré quel bourreau j’hébergeais en mon sein, comment je coupais la tête à toutes mes chances. Il a mis en scène mes illusions et les a emportées avec lui.
      J’attendais autre chose bien sûr mais il fallait que je connaisse ce qui se tramais dans mon inconscient.
      Quel était donc ce bourreau enfoui au fond de moi et que je ne voulais pas qu’on voit ? Tout simplement une part héroïque de moi-même que je n’osais pas mettre en avant. La capacité à couper toutes les têtes gênantes du dragon qui tenait la princesse prisonnière. La princesse; c’est à dire mes plus belles qualités, mes plus beaux atouts.
      C’est le refoulement qui produit l’aberration, la monstruosité.
      Ce que nous refoulons ce sont des énergies qui demandent à être affinées, raffinées, peaufinées.
      Elles sont à l’état brut et nous n’osons pas y toucher, alors nous préférons les nier.

      Vivre est un Grand Oeuvre et c’est passionnant !

  9. Billy

    Merci d’avoir répondu aussi rapidement à mes questions, vos réponses m’ont aidé à éclaircir (sans jeux de mots !) le sujet et à cibler un peu plus mon sujet de fin d’année. Si vous m’y autorisez, j’aimerai citer votre nom dans mes sources de documentation.

    Cordialement

    1. Elisandre

      Je suis contente si je vous ai éclairée.
      Je vous autorise bien sûr à publier vos sources !
      Elisandre

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